Thérapie familiale, Genève, 2003, Vol. 24, n° 3 pp 239-263


D’ENNEMIS A COEQUIPIERS
Le difficile apprentissage de la coparentalité
après un divorce conflictuel


P. GONÇALVES et A. GRIMAUD DE VINCENZI



Résumé : D’ennemis à coéquipiers : Le difficile apprentissage de la coparentalité après un divorce conflictuel – Lors d’un divorce conflictuel, les enfants sont presque inévitablement triangulés dans la lutte entre les parents, qu’elle soit ouverte ou faite de disqualifications sournoises du type de celles décrites par Gardner sous le nom de syndrome d’aliénation parentale.


Les auteurs décrivent, en prenant comme fil conducteur deux vignettes cliniques, différentes interventions et techniques systémiques (inspirées des approches structurales, stratégiques et narratives) ayant pour but de détrianguler l’enfant et aider les parents à constituer progressivement une équipe parentale collaborante et fonctionnelle.


Sont particulièrement soulignés quelques pièges à éviter et la nécessité d’articuler les interventions thérapeutiques avec les tribunaux concernés.


Richard GARDNER, pédopsychiatre ayant beaucoup publié sur le vécu des enfants face au divorce et sur les litiges autour de l’attribution de la garde (7), a décrit sous la désignation de « syndrome d’aliénation parentale » des comportements parentaux (cf. tableau annexe) pouvant se manifester à différents niveaux de gravité et dont les formes les plus extrêmes aboutissent à la destruction souvent irréversible de ce qui était auparavant un bon lien avec l’autre parent.
Ces jeux de disqualification et dénigrement du parent absent sont, bien entendu, très difficiles à neutraliser par le « parent aliéné » seul ; et les thérapeutes, ou les experts non avertis ne pourront que difficilement y faire face, surtout s’ils tombent dans des positions de « sens commun » assez fréquentes comme suit :


• tenir compte uniquement de l’avis des enfants,
• laisser les parents décider seuls de ce qui pourrait être bien pour les enfants,
• se lancer sans précaution dans une thérapie familiale « classique » qui serait vite abandonnée.

Dans un tel contexte, la neutralité du thérapeute ou de l’expert pourrait l’amener involontairement à cautionner ce qui doit être considéré comme un véritable abus psychologique de l’enfant.
Pour « détrianguler » le ou les enfants des conflits parentaux – ouverts ou cachés – il faudra aider toute la famille à « déconstruire » les « solutions » relationnelles qui sont devenues à leur tour « le problème » (13) et amener progressivement le couple parental à construire une nouvelle « vision du monde », où le besoin de liens des enfants avec chacun des parents, séparément peut devenir de nouveau la priorité dominante (3).
Selon les situations et l’évolution personnelle des thérapeutes, différentes approches psychothérapeutiques peuvent être utiles dans ce but.


INTRODUCTION


Lorsqu’un divorce prend une tournure conflictuelle, chacun des ex-conjoints, pour sauvegarder une estime de soi blessée par l’échec du projet, éventuellement idéalisé, de couple ou de famille, se lance dans des stratégies manichéenne visant à rendre l’autre entièrement responsable de l’échec du « rêve ».


Il ou elle va alors, plus ou moins consciemment, essayer soit de faire payer cette blessure à l’autre, soit d’en obtenir un peu de réparation. Dans les luttes qui s’ensuivent, liées notamment au partage du patrimoine commun, les enfants – particulièrement investis sur le plan affectif – vont être directement impliqués. Sous l’optique manichéenne que nous décrivions plus haut, chacun des deux va tenter de s’approprier le rôle du « bon parent » et de soustraire les enfants à l’influence imaginée pernicieuse et délétère du parent perçu comme « méchant » dans cette construction du monde propre au « temps de guerre ».


Dans ces conditions, le moindre incident relationnel ou désaccord éducatif repéré lors de transmissions des enfants (et cela même s’il n’y a aucun contact direct entre les parents) est vite perçu comme une violation du territoire, une attaque personnelle ou un abus des enfants. Ces derniers sont alors les témoins de querelles violentes et répétitives – de palier, téléphoniques ou par avocats interposés – qui ne font qu’augmenter leur malaise et leur conflit de loyautés.


Si une guerre ouverte de ce type s’observe plutôt chez les couples parentaux qui se considèrent comme étant « à armes égales », d’autres modalités plus sournoises se manifestent quand un des ex-partenaires ne s’estime pas en mesure d’affronter l’autre ouvertement.


Une stratégie de disqualifications insidieuses et subtiles peut alors se mettre en place, dans le cadre de laquelle l’image de l’autre parent est systématiquement dévalorisée et dénigrée aux yeux de l’enfant. Celui-ci, quotidiennement exposé à cette logique, finit par y adhérer et se détacher peu à peu de ce « mauvais parent » avec lequel il avait pourtant auparavant un lien affectif significatif et de bonne qualité.


Ceci est d’autant plus facile que l’enfant est lui-même à la recherche d’un moyen d’échapper à la torture de son conflit de loyauté : son besoin d’attachement au parent « non gardien » est très difficile à concilier au quotidien avec la nécessité de maintenir un climat de transparence et confidentialité avec le parent avec lequel il vit de façon plus permanente (surtout si ce dernier considère l’autre comme un ennemi).

AXES D’INTERVENTION

1. Approches structurales


Les approches dites structurales, conceptualisées par Salvador MINUCHIN, visent à changer les interactions définissant l’organisation structurale de la famille, afin de la rendre plus fonctionnelle. Les interventions qui s’en inspirent (10) peuvent, tout d’abord, aider à rétablir des frontières claires entre les territoires de chacun des parents : les intrusions irrespectueuses dans le territoire de « l’autre », à propos des divergences au niveau de sa façon de penser, de ses préférences, de son style éducatif ou éventuellement de son nouveau partenaire affectif ou conjoint, sont dévastatrices pour l’enfant. Ce dernier va devoir, dans ce climat, faire attention à ses prises de positions et sera contraint de choisir ses « alliances » entre deux camps ennemis.
Le rétablissement des frontières claires va permette l’émergence d’une acceptation mutuelle entre les parents qui favorisera l’apprentissage par l’enfant de son droit à avoir :


- deux espaces relationnels distincts ;
- un attachement et une relation suivie avec son père et sa mère ;
- une liberté de mouvements pour passer de l’un à l’autre.


La notion de hiérarchie, si chère à MINUCHIN et à HALEY, est également de grande utilité. En effet, tant qu’ils sont aveuglés par leur conflit, les parents ne sont pas en mesure d’assurer une hiérarchie compétente et fonctionnelle – du moins à propos des sujets conflictuels dont ils sont « juge et partie ». Dans ces conditions, une hiérarchie fonctionnelle de substitution (représentée par les instances judiciaires ; ou de tutelle temporaire mandatée par elles) peut être nécessaire pour assurer le respect des priorités essentielles pour les enfants.
Cette autorité supra-parentale peut s’avérer structurellement un allié précieux pour le thérapeute. Il pourra solliciter des parents qu’ils dépassent leurs discordes en se fixant comme but d’arriver à un consensus agréé et entériné par l’autorité judiciaire qui leur restituera leur autorité hiérarchique perdue.

2. Approches stratégiques


Les approches dites stratégiques, dans la lignée de l’école milanaise, soulignent l’interférence des configurations relationnelles du passé dans les comportements du présent. Les stratégies thérapeutiques qui s’en inspirent (11) visent à introduire dans cet équilibre homéostatique figé des changements qui permettent l’émergence de solutions créatives pour les problèmes du présent. Ces interventions vont aider le thérapeute à identifier des conflits personnels ou systémiques plus anciens, sous jacents à l’extrême résonance (4) que la rupture conjugale (et la lutte de pouvoir qui en découle) produit chez chacun des protagonistes. Elles peuvent aussi inspirer des moyens pour les traiter et les neutraliser. La relation privilégiée que chaque parent essaie d’établir avec les enfants et la façon dont il/elle s’en sert dans une tentative de réparation de son propre passé peut être mieux comprise à cette lumière. Le parent concerné pourra ainsi identifier, par exemple, une relation hyperprotectrice ou symbiotique qui interfère avec l’autonomie relationnelle de l’enfant, comme une résonance ou une tentative de réparer une carence de son propre passé.

3. Modèle narratif


Le modèle narratif développé par Michael WHITE (14) postule que le psychisme humain est largement déterminé par un « récit dominant » sur soi-même et ses relations avec les autres. Récit dont la force provient du fait qu’il est partagé par le sujet concerné avec son environnement social.


Pour permettre un changement lors de situations bloquées dans un problème, c’est au thérapeute d’aller mettre en évidence des « descriptions alternatives » non « contaminées » par le récit officiel.


La méthode heuristique pour y arriver est un questionnement qui ne se prétend pas neutre (« relative influence questionning ») puisqu’il est sous-tendu par une intention bien précise : trouver des exceptions à cette description « saturée par le problème ».
Une fois ces exceptions (« unique outcomes ») identifiées, le rôle du thérapeute est de leur donner de la consistance, de les « épaissir » comme une mayonnaise ; et de trouver ensuite un moyen pour partager ces nouvelles descriptions avec des membres significatifs de l’environnement social concerné.


Michael WHITE mentionne, à ce propos, le parallélisme de sa démarche avec le récit de l’évolution des espèces. BATESON avait souligné, en effet, (1) que les mutations anatomiques survenues par hasard dans une espèce ne sont maintenues que si elles sont l’objet d’un acte de sélection et de renforcement. L’utilité d’une mutation (la longueur du cou de la girafe, la transformation des membres antérieurs des reptiles en ailes, etc.) opérait un renforcement sélectif qui les rendait durables.


Une forme de renforcement assez original est celui proposé par David EPSTON, sous forme d’écrits (5). Il utilise particulièrement des lettres qui soulignent, après une séance, les points dominants du « récit alternatif » qui y a émergé. Ses clients apprécient bien le caractère « durable » de ces documents qu’ils relisent ensuite à maintes reprises.
Dans le cas d’un couple engagé dans l’escalade systémique d’une lutte de pouvoir, chacun des deux perçoit l’autre à travers une description dominée par sa malveillance intrinsèque, sa volonté de nuire et sa dangerosité irréversible.


Dans le contexte de ce récit, ce n’est pas étonnant que chacun veuille protéger les enfants de celui qui est perçu comme incarnant « le mal ».


Si le thérapeute identifie dans le passé ancien ou récent des exceptions lors desquelles les parents sont arrivés, malgré leur conflit, à avoir une vision commune sur un point, à se montrer un minimum de respect ou à collaborer l’un avec l’autre – une brèche s’ouvre dans cet édifice d'hostilité irréductible à perpétuité.


Restera le travail patient de consolider cette « description alternative ». Ceci peut se faire d’abord en utilisant des situations relationnelles impliquant les enfants. Le soulagement de ceux-ci, l’amélioration de leurs symptômes ou l’expression candide – et souvent surprenante – de leur attachement aux deux parents vont constituer un premier renforcement de ce nouveau récit.
A un niveau social plus large, la méthode des écrits d’EPSTON nous semble la mieux applicable. Les rapports d’expertise et autres lettres aux instances judiciaires – que les parents ne manqueront pas de lire ou relire dans le moindre détail – constituent une tribune idéale pour « officialiser » socialement la nouvelle description de leur co-parentalité.

4. Interventions spécifiques


Finalement, les interventions spécifiques s’adressant au syndrome d’aliénation parentale (7) s’avèrent nécessaires, en cas de présence de ce trouble, comme étape préalable à la négociation d’un consensus parental et à l’établissement d’une équipe parentale fonctionnelle. Ces interventions, qu’elles s’adressent au parent dit « aliénant » ou qu’elles se fassent en collaboration avec le parent dit « aliéné » nécessitent, dans les niveaux plus sévères du syndrome, une collaboration très étroite avec les tribunaux dont les mesures et la menace de sanction jouent un rôle structurant, parfois incontournable dans la démarche.


5. Articulation avec les tribunaux


Par ailleurs, une articulation cohérente de l’action thérapeutique avec les tribunaux, quelles que soient les circonstances, est une condition sine qua non de toute tentative de détriangulation des enfants de la guerre des parents.


En effet, lors de l’escalade symétrique à laquelle se livrent les parents dans leur lutte de pouvoir (que chacun des deux perçoit, sans doute sincèrement, comme une lutte « pour le bien de l’enfant »), le parent non gardien introduit fréquemment une action juridique visant au changement d’attribution de la garde.


Le bien de l’enfant exigerait la poursuite d’une relation suivie avec chacun des deux parents. Ceci serait le meilleur moyen pour l’aider à gérer la peine de la séparation et le deuil d’une famille intacte comme auparavant. Or, les parents ont beaucoup de peine à reconnaître cette priorité, aveuglés qu’ils sont par l’intensité émotionnelle de leur conflit. Lors de cette lutte pour la garde, ils ont tendance (ainsi que leurs avocats et parfois même les tribunaux) à négliger ce besoin essentiel des enfants ainsi que le postulat classique qui en découle. Postulat selon lequel l’enfant devrait être placé chez le parent qui peut mieux garantir son accès à l’autre parent ainsi qu’aux familles élargies des deux côtés (2).


Les instances judiciaires, en raison de leur pouvoir décisionnel supra-parental, jouent un rôle central pour sauvegarder les priorités fondamentales pour l’enfant, que les parents ne peuvent plus voir et pour mettre un peu d’ordre hiérarchique bienvenu dans la tempête (comme on verra dans la deuxième vignette présentée). Mais ces mêmes instances peuvent aussi être subtilement « utilisées » par l’un ou l’autre des parents dans ses manœuvres de lutte pour le pouvoir (ce qui illustrera l’autre exemple clinique). Dans ces circonstances, l’absence de coordination entre les interventions judiciaires et les experts ou thérapeutes peut rendre mutuellement inopérants leurs tentatives pour détrianguler l’enfant.


La clarification des besoins psychologiques des enfants soumis à la tempête émotionnelle d’un divorce n’est pas très avantagée par le principe du débat contradictoire qui caractérise la justice. Les enfants, avec leurs stratégies propres pour trouver une solution à leur conflit de loyautés, peuvent à leur tour induire parents et tribunaux en erreur. L’un de nous, lors d’une expertise pour l’attribution de la garde, a été confronté à une situation d’impasse juridique ou deux des plus réputés avocats d’un pays voisin étaient arrivés. En effet, l’enfant, pour sauvegarder son lien avec chacun des parents, avait adopté à leur égard la stratégie qu’utilisent les agents doubles faisant de l’espionnage simultanément pour deux pays en guerre. Il disait à chacun des parents comme il était heureux en sa compagnie et malheureux chez « l’autre ». Les parents, tous les deux assez fortunés, n’avaient pas hésité à engager les meilleurs avocats, chacun de son côté, pour se livrer une bataille de plusieurs années en vue de libérer l’enfant des griffes du parent cru, à tort, « méchant ». L’expertise a permis de mettre en évidence la stratégie de l’enfant et de faire reconnaître son besoin de liens étroits avec chaque parent, à tour de rôle.
A ce titre, le nouveau droit suisse du divorce a introduit dans la procédure des dispositions permettant de mieux apprécier les intérêts psychologiques de l’enfant, notamment par son audition, en cas de conflit, par un expert neutre.


Un couple, divorcé depuis 5 ans, se dispute la garde de leur fils, Martin, actuellement âgé de 9 ans, placé dans un foyer par décision judiciaire.


Les parents, François et Sabine, se sont mariés 12 ans auparavant alors que François était déjà père d’un grand fils de 14 ans (dont la maman ne s’était jamais occupée) et Sabine avait de son premier mariage deux filles de 14 et 16 ans à l’époque.


Au moment du divorce, Martin est resté chez sa mère et voyait son père chaque 15 jours et la moitié des vacances scolaires. Cette organisation avait fonctionné pendant deux ans mais au moment où François s’installe avec une nouvelle compagne (et que simultanément la fille aînée de Sabine quitte sa mère pour aller vivre avec son ami) la mère de Martin s’oppose au droit de visite du père de celui-ci. Elle dira que l’enfant s’est plaint de violences de la part de son père et qu’il ne l’aimait plus.


Pour elle, le discours de l’enfant a réactualisé les comportements de son ex-mari à son propre égard au moment du divorce et elle a décidé de le protéger en n’acceptant plus que son père vienne le chercher pour exercer son droit de visite. Les tentatives de François pour contacter téléphoniquement son fils ou pour faire changer son ex-femme d’avis restent vaines. De guerre lasse, et sous conseil de son avocat, il engage une procédure contre la décision de la mère dans le cadre de laquelle une expertise psychiatrique de celle-ci est demandée. Celle-ci étant relativement défavorable à la mère, le juge ordonne une mesure de placement d’urgence d’une année, pendant laquelle les deux parents peuvent visiter leur enfant seulement dans le cadre du foyer d’hébergement. Le climat entre les deux blocs familiaux est extrêmement tendu, Sabine et ses deux filles reprochant à François d’avoir provoqué le placement de Martin qui, quant à lui, donne des signes indirects d’avoir bénéficié de ce lieu de vie neutre puisque ses résultats scolaires s’améliorent.


Chacun des parents continue à réclamer la garde de Martin et le juge qui doit de prononcer sur une éventuelle prolongation du placement de l’enfant conseille aux parents de tenter une thérapie de médiation. C’est dans ce contexte qu’ils prennent contact avec notre Consultation pour Familles et Couples.


Premières interventions : vers la construction d’un « couloir humanitaire »


Les premiers moments du premier entretien s’avèrent très difficiles à gérer, les conjoints réagissant très vivement chacun au moindre propos de l’autre et s’interrompant à tour de rôle. Nous décidons une première intervention structurale destinée à donner de la place à chacun des deux et établir des frontières claires entre leurs domaines divergents de point de vue. Un après l’autre, chacun des thérapeutes va interroger le parent du même sexe, tandis que l’autre assiste derrière le miroir avec l’autre thérapeute, à cet entretien.


Stratégiquement nous choisissons de commencer par le père (qui nous a paru lors des premiers échanges plus positif à l’égard de l’ancienne relation conjugale). Il va effectivement tenir des propos assez validants pour les ressources maternelles de son ex-femme. Apaisée par cette reconnaissance, celle-ci va se montrer à son tour moins blessée et défensive à l’égard du père de Martin, à qui elle reconnaît, en passant, quelques qualités paternelles.


Cette ébauche de « description alternative » que le couple parental commence à partager va être renforcée par des petites négociations visant à trouver des compromis concernant les aspects pratiques de leurs visites alternées à Martin dans son foyer. Ce début de collaboration est le bienvenu lorsque, peu après, le juge autorise les parents à prendre en alternance Martin chez eux pour le week-end. Ils négocient alors, dans un climat de bonne coopération, des changements du calendrier prévu pour les week-ends. La lettre commune, signée des deux, qui propose au juge ces changements de date, amène, sur scène sociale, une « description » de leur couple parental où ils ne se diabolisent plus mutuellement et se présentent comme deux parents à égalité dans leurs droits et leurs responsabilités.


Une décision judiciaire inattendue


Quatre mois après, nous apprenons que, suite à une habile intervention de la mère auprès du juge, celui-ci a mis fin au placement de Martin, attribuant la garde à la mère conformément aux dispositions du jugement de divorce. A noter que cette intervention de la mère n’avait pas été discutée dans les séances de médiation. Ce changement structural, face auquel les thérapeutes se trouvent complètement désarmés , trouble l’équilibre égalitaire qui s’était installé jusque là. Les entretiens entre les parents redeviennent très conflictuels et toutes les négociations parentales se trouvent de nouveau bloquées. Les clans maternel et paternel renforcent de nouveau l’ancienne « description » du couple parental, marquée par des sentiments d’hostilité et des positions défensives réciproques.


Nous décidons une nouvelle intervention structurale et commençons à voir Martin alternativement avec les deux groupes familiaux auxquels l’enfant est confronté lorsqu’il est chez sa mère et chez son père. Notre objectif, avec ceci, est de donner à Martin le message clair de son droit à avoir des liens affectifs avec chacun de ses parents et leur entourage et, d’autre part, utiliser les séances pour établir des frontières claires entre les deux « clans ».


Lors des premières séances dans ce format, Martin est extrêmement agité, a un comportement agressif et destructeur et se montre insultant à l’égard des thérapeutes. Il se refuse à parler et fait état d’une énorme violence qu’aucune intervention de sa mère ou de ses demi-sœurs ne peut calmer. Nous lisons cette agitation comme un indice de l’intensité de son conflit de loyautés. Afin d’établir des frontières nettes entre les deux familles post-divorce, nous décrétons « solennellement » la règle selon laquelle dans nos séances il est interdit de parler de ce qui se passe chez l’autre parent. Cette intervention structurale va beaucoup calmer l’enfant. Ses comportements violents et insultants dans les séances disparaissent et il va parler des expériences qu’il vit avec sa mère et ses sœurs d’un côté et de l’autre de celles qu’il vit avec son père et son frère. Un mois après Martin demande à nous parler seul. Il ira nous confirmer sa « détriangulation » (malgré la persistance du confit parental sur plusieurs fronts) : ayant vu chez son père un film de fiction où le personnage principal avait un clone, l’enfant nous parle de son rêve d’avoir lui aussi un « clone » pour être libre d’être avec sa maman et laisser l’autre vivre avec son papa, ou vice-versa, et qu’il serait alors bien plus tranquille. Ce récit de Martin va nous être précieux pour faire accepter aux deux parents comme prioritaire le besoin de leur enfant de garder un attachement suivi avec chacun d’eux.


A l’arrivée de l’été, un nouveau conflit surgit entre les parents : la mère a en effet inscrit son fils, pour la période de vacances qui lui est dévolue, dans un camp qu’il a fort apprécié l’année précédente. Mais le père souhaiterait un raccourcissement de ce camp pour pouvoir emmener le petit dans une fête de famille dans sa région d’origine. Or, la mère est très réticente à permettre ce changement de programme qu’elle estime être « contre les intérêts de Martin ». Nous proposons à la mère un recadrage : n’a-t-il pas déjà prouvé qu’il est capable de penser, décider pour lui-même avec son rêve du clone ? Pourquoi sa mère devrait-elle se battre pour défendre ses intérêts au lieu de le laisser les défendre lui-même au risque d’entrer, lui, en conflit avec son père ?


Ce recadrage structurel contient en même temps, une suggestion stratégique implicite : que la mère aspire au fond d’elle-même à être la meilleure mère possible pour son enfant ; et que de lui laisser le risque de régler ses problèmes tout seul avec son père comporte une nouvelle définition de la relation mère/fils que l’un et l’autre sont prêts à assumer. En accordant à son fils une autonomie dans ce secteur, la mère lâcherait aussi l’hyperprotection avec laquelle elle essayait de réparer les abandons de son propre passé.


Après un jour de réflexion à ce sujet, la mère finira par adhérer à cette proposition. Nous pensons que la métaphore du clone de Martin l’a fortement aidée à faire pencher la balance.
Ce nouvel accord entre les parents va faire de nouveau l’objet d’une lettre conjointe au tribunal signalant leur accord sur un changement du calendrier agendé.


Finalement, après les manifestations d’hostilité qui avaient suivi la récupération de la garde par la mère, identifiables comme un syndrome d’aliénation parentale de degré modéré, celui-ci s’atténue et les parents retrouvent de nouveau leur récit de coparentalité à relative égalité.


Seconde décision judiciaire inattendue


Après 7 mois, vers la fin de l’été, un nouvel événement déstabilise de nouveau ce fragile équilibre. Une action en révision du droit de garde que le père avait introduit entre temps à l’insu des thérapeutes et de son ex-femme aboutit. Martin devra donc habiter chez son père dès la fin des vacances. Cette nouvelle est connue alors qu’il est encore au camp de vacances.
Brutalement confronté à son conflit de loyauté, Martin réagit très mal : in extremis, il est empêché de se défenestrer, la veille de son retour chez son père. Une intervention pédopsychiatrique d’urgence est demandée sur place. Informés par notre collègue, nous essayons d’organiser rapidement une rencontre entre les parents pour tirer les leçons de ce qui vient de se passer. En cette période de crise, tenter d’obtenir la collaboration parentale nous paraît le seul cadre susceptible d’aider Martin à intégrer le changement de vie qui l’attend.


Malheureusement, lorsque nous rencontrons les parents, nous nous rendons compte que la mince plate-forme de confiance réciproque qu’ils avaient pu établir au cours des derniers mois est détruite et qu’une collaboration parentale à égalité est impossible dans un contexte où la mère se vit à son tour comme attaquée et perdante.


Nous constatons donc l’échec de notre intervention, face à l’impossibilité de la coordonner avec les tribunaux concernés.


Nous pensons nous retirer en envoyant un message clair à l’autorité judiciaire sur notre perception de la situation, mais notre conseil juridique nous signale que nous n’avons pas le droit de le faire pour des raisons légales (pays étranger, pas de mandat) . Nous envoyons ce message par écrit aux deux parents, leur transmettant :


• nos inquiétudes sur les conséquences de la persistance de leur conflit pour leur fils ;
• notre impuissance pour les aider face à leur recours à tour de rôle à des actions judiciaires non élaborées de façon consensuelle ;
• la nécessité de la poursuite de la prise en charge pédopsychiatrique de Martin déjà en place.
Les leçons d’un échec


Dans une perspective systémique, il est bien connu que la négligence d’un des niveaux logiques impliqués dans un problème déterminé ne permet pas une solution efficace de celui-ci. Des interventions conjuguées structurales stratégiques et narratives ont permis de détrianguler l’enfant des conflits parentaux et d’amener ceux-ci et même les clans familiaux respectifs à arriver à une collaboration minimale dans ce but. Cependant, l’impossibilité de coordonner nos interventions avec les tribunaux concernés a laissé aux parents la possibilité d’utiliser ces instances dans leurs tentatives de reprendre le contrôle d’une situation au sein de laquelle l’un ou l’autre se sentait perdant à tour de rôle.


L’attitude des instances juridiques face aux problèmes relationnels n’est pas sans importance.
Dans la vignette précédente, le tribunal déjà en possession d’une expertise psychiatrique individuelle d’un des parents (sur demande de l’avocat de l’autre) avait simplement conseillé aux parents – 5 ans après leur divorce – de chercher une médiation indépendante visant à concilier leurs importants désaccords.


Aucun mandat ou connexion officielle n’était établie avec les médiateurs.


Le contexte de la situation qui va suivre est assez différent. Le tribunal désigne assez rapidement (1 an après la séparation, 6 mois après l’introduction de la demande en divorce par l’épouse), le service psychiatrique comme expert « relationnel ». Il lui donne, en effet, la mission de « faire toute constatation psychiatrique sur la situation familiale, en particulier sur les relations parents/enfants, permettant ensuite au tribunal de se prononcer sur l’attribution de l’autorité parentale et du droit de visite ».


Vignette 2


L’union de Georges (économiste anglais ayant fait ses études et ses débuts à Londres) et de Nancy (infirmière d’origine écossaise) n’a pas résisté à la crise qui a suivi la naissance de deux enfants, peu après leur migration en Suisse.


L’hyper investissement du mari dans sa brillante carrière et le sentiment de l’épouse d’assumer, toute seule, les difficultés de l’éducation des enfants ont amené cette dernière à se centrer sur ses propres ressources et à chercher des alliances à l’extérieur de la famille (pédiatres, enseignants). Elle s’est ainsi éloignée peu à peu de Georges jusqu’à sa décision de s’en séparer. Son mari, issu d’une famille rigide et peu affectueuse, très attachée aux valeurs familiales traditionnelles, a été très blessé par cette « autonomisation » progressive de Nancy, ainsi que par la menace de perte de cette famille, somme toute, assez chaleureuse, qu’il avait réussi à fonder. Dans ce contexte, il a manifesté une jalousie inadaptée et des violences verbales et physiques qui n’ont contribuées qu’à aggraver le fossé entre eux, lors d’une première tentative de réconciliation.


Nancy, que la fragilité psychique de son père et le cancer de sa mère avaient contribué à mûrir et à « parentifier » précocement, a décidé de prendre définitivement de la distance vis-à-vis de son époux en divorçant afin de s’occuper seule de ses enfants, comme elle l’avait fait jadis avec ses petits frères. Elle a même fait le projet de rentrer en Ecosse pour reprendre son métier d’infirmière, interrompu par l’émigration et la naissance de ses enfants.
Evidemment, Georges s’est opposé violemment à cette perspective d’éloignement de ses enfants et a réclamé leur garde.


Ces projets contradictoires et l’intensité du conflit parental n’ont pas manqué de déstabiliser gravement les enfants. William, le cadet, se montre déprimé et replié sur lui-même. John, l’aîné, exhibe des comportements destructeurs, violents et irrespectueux à l’égard des ses deux parents.


Une mission des « bons offices »


Au moment de nos premiers contacts avec la famille, la violence des interactions entre les parents nous a amenés à les voir séparément pendant les trois premiers mois. Tantôt chacun tout seul, tantôt avec les enfants (que nous avons également questionné en tête-à-tête).


Ces entretiens, qui avaient pour but d’écouter et de comprendre le point de vue de chacun des protagonistes, nous ont permis d’arriver au premier entretien conjoint avec les deux parents avec quelques convictions assez solides que nous avons partagées avec eux :


1. l’attachement des enfants à chacun des parents, et leur souhait de poursuivre une relation suivie avec leur père et leur mère ;
2. le besoin de la fratrie de ne pas être séparée ;
3. l’engagement de chaque parent à œuvrer pour le bien-être psychoaffectif des enfants.

Comme s’ils étaient d’accord avec ces affirmations, nous leur avons fait part de notre vision structurale de l’expertise : chaque accord entre eux faisant, en principe, foi devant le tribunal, nous étions fermement déterminés à en obtenir le plus grand nombre possible. Cela éviterait que les décisions de la justice ne fassent des perdants et que les besoins des enfants (que les parents connaissaient mieux que personne) ne soient négligés.


Malgré leur hostilité réciproque assez violente, les parents sont parvenus, à la fin de cette séance à un premier set de concessions : Nancy a accepté la première d’accéder à la demande de Georges d’élargir substantiellement son droit de visite, alors que ce dernier s’engageait à soutenir, de toute son autorité, son ex-femme face à la rébellion, au manque de respect et aux attaques de John, l’aîné, à son égard.


Rapport préliminaire d’expertise


Des entretiens réguliers avec les parents, et avec la famille en configurations diverses, se sont poursuivis pendant les 6 mois suivants.


La vision stratégique des comportements problématiques de chaque parent, permettant de les lier à des expériences plus anciennes dans les familles d’origine, a facilité, lors des entretiens, une certaine indulgence de chaque parent à l’égard des « défauts » de l’autre, rendant les négociations moins laborieuses.


D’un point de vue structural : notre rôle d’experts nous a donné l’autorité pour arbitrer des négociations entre les parents ; ils ont pu garder globalement l’écoute des intérêts psycho-affectifs des enfants (tels que définis auparavant) comme prioritaires. Georges a tenu sa promesse de soutenir son ex-femme face aux problèmes de comportement de John, notamment lors d’une crise aiguë qui a nécessité le placement temporaire de l’enfant, auquel il a donné son accord téléphonique, alors qu’il se trouvait à l’étranger.


Nancy a encouragé les contacts des enfants avec leur père (en acceptant notamment des visites alternées des deux garçons à leur père, deux fois par semaine, ce qui a permis à chaque enfant de partager de fréquents moments seuls avec chacun des deux parents).


De négociation en négociation, les parents ont « construit » eux-mêmes les conclusions de l’expertise suivant notre objectif initial, mettant par ailleurs en place, ensemble, un nouveau projet de vie, grâce à des concessions réciproques. Ainsi, ils ont décidé de retourner tous les deux vivre en Grande-Bretagne, à proximité, permettant ainsi que les enfants puissent passer facilement de la maison de l’un à celle de l’autre. Rassuré de ne pas perdre ses enfants, le père a accepté que Nancy, plus disponible et plus « diplomate » avec les garçons, assure la garde. Le tribunal a entériné globalement leurs accords, négociés dans le cadre de l’expertise.


Sous une optique narrative, les rapports adressés au tribunal – dont nous savions pertinemment l’importance qu’ils revêtaient pour les parents – ont, en quelque sorte, joué le rôle des écrits de David EPSTON, en renforçant cette nouvelle description des parents comme « co-équipiers collaborant pour le bien des enfants », patiemment construite avec eux tout au long des séances.


CONCLUSION


Après un divorce, des interventions thérapeutiques spécifiques peuvent aider les parents :
• à reconnaître (au-delà de leurs conflits conjugaux non résolus) le besoin des enfants à garder un lien avec chacun des deux ;
• à différencier clairement leurs territoires respectifs de façon à ce que chacun offre aux enfants un espace où la relation parent-enfant peut s’épanouir en sécurité ;
• à constituer une équipe parentale capable de garantir un cadre sécurisant pour les enfants, basé sur le respect mutuel et une collaboration souple entre eux.

Ces interventions peuvent s’inspirer de techniques structurales quand le but est de délimiter des territoires parent-enfant distincts ou de rétablir une hiérarchie parentale fonctionnelle. Si le climat parental reste tendu, malgré ces interventions, le modèle stratégique fournit des outils pour s’adresser aux conflits émotionnels sous-jacents qui bloquent le processus. Les approches narratives peuvent être également utiles, dans ce cas, pour « déconstruire » un récit manichéen des parents et les aider à élaborer de nouvelles descriptions d’une collaboration possible, à partir de rares moments de respect mutuel. Finalement, lors de dénigrements systématiques d’un parent pour l’autre (syndrome d’aliénation parentale) des interventions ciblées sont nécessaires pour neutraliser cette attaque du lien parent-enfant.


Cependant, quelques précautions s’imposent pour toutes ces interventions concernant leur articulation avec le tribunal impliqué. Celui-ci représente, en effet, le niveau hiérarchique le plus élevé du système puisqu’il a été sollicité pour trancher les différents du couple, et une sous-estimation de son importance risque de compromettre, voire d’anéantir, tous les changements obtenus dans les séances de médiation.


Si l’intervention thérapeutique est demandée lorsque le couple en séparation conflictuelle s’engage dans une procédure de divorce, le climat de confiance nécessaire à un travail thérapeutique est inexistant. Chaque confidence peut être utilisée par l’autre comme « munition » dans la bataille juridique. Seul, le mandat d’expert conféré par la justice peut donner au thérapeute le « levier hiérarchique » lui donnant une fonction d’arbitre et médiateur susceptible d’être écouté et suivi.


Dans l’impossibilité d’obtenir ces conditions, il est préférable d’opter pour un accompagnement psychothérapeutique des enfants.


Dans d’autres situations, le divorce a déjà été prononcé et les parents consultent pour trouver une médiation à leurs impasses conflictuelles. Il est alors imprudent de se lancer dans une telle démarche sans clarifier complètement le mandat des thérapeutes vis-à-vis de l’instance juridique concernée. Autrement, le risque existe que, parallèlement à la demande de médiation, le parent qui s’estime lésé s’engage à l’insu de l’autre (et des médiateurs) dans des démarches juridiques – par exemple, une demande de révision du jugement de divorce et de changement d’attribution de la garde. Cette rupture de confiance et cette absence d’articulation sont d’autant plus graves que les médiateurs sont parfois désarmés sans le rôle hiérarchique structurant des tribunaux, notamment pour faire face aux formes plus sévères d’aliénation parentale. Dans ces cas, sans des mesures structurantes du tribunal pour protéger le lien des enfants avec le parent « aliéné », ils ne peuvent rien faire pour empêcher l’objectif du parent « aliénant » de se réaliser. La rupture définitive de la relation des enfants avec le parent visé par cette campagne est alors pratiquement inévitable.



Pedro GONÇALVES
Département de Psychiatrie
Centre de Thérapies Brèves Epinettes
Rue des Epinettes, 10
CH-1227 Carouge/Genêve



BIBLIOGRAPHIE


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ANNEXE 1

Tableau 1 : Comportements qui sabotent la relation entre les enfants et l’autre parent.

 F1.  Refuser de passer les communications téléphoniques aux enfants.
 F2.  Planifier toutes sortes d’activités avec les enfants durant la périodeoù l’autre parent doit normalement exercer son droit de visite.
F3.  Présenter le nouveau conjoint aux enfants comme leur nouvelle mère ou leur nouveau père.
 F4Intercepter le courrier et les paquets envoyés aux.  enfants.
 F5.  Dévaloriser et injurier l’autre parent en présence desenfants.
 F6.  Refuser d’informer l’autre parent au sujet des activités danslesquelles les enfants sont impliqués (match de sport, représentation théâtrale, activités scolaires …)
 F7.  Parler d’une manière désobligeante du nouveauconjoint de l’autre parent.
 F8.  Empêcher l’autre parent d’exercer son droitde visite.
 F9.  « Oublier » de prévenir l’autre parent des rendez-vousimportants (dentistes, médecin, psychologue …)
 F10.  Impliquer son entourage (sa mère, son nouveau conjoint …) dans le lavage de cerveau des enfants.
11.  Prendre d’importantes décisions concernant les enfants sans consulter l’autreF parent (choix de la religion, choix de l’école).
 F12.  Changer (ou essayerde changer) leur nom de famille ou leurs prénoms.
 F13.  Empêcher l’autreparent d’avoir accès aux dossiers scolaires et/ou médical des enfants.
F14.  Partir en vacances sans les enfants et les placer chez d’autres personnes que l’autre parent, alors que celui-ci est disponible et volontaire pour s’en occuper.
 F15.  Raconter aux enfants que les vêtements que l’autre parentleur a achetés sont laids et leur interdire de les porter.
 F16.  Menacer depunir les enfants s’ils appellent, écrivent ou essayent de contacter l’autre parent de n’importe quelle façon.
 F17.  Reprocher à l’autre parent lamauvaise conduite des enfants.

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