Bonjour,
Suite à votre participation à l'émission "Les Maternelles" de ce lundi, je ressens un besoin de vous adresser mon témoignage d'enfant aliéné. je souhaiterais que cela puisse faire réfléchir des parents aliénants et motiver des parents victimes à ne pas baisser les bras. Mes parents ont divorcé lorsque j'avais 3 ans à peine : j'ai été élevée par ma mère, "aliénante", dans le nord de la France. Mon père est reparti dans le sud. Ma mère s'est alors efforcée, pendant 27 ans, de me faire détester, rejeter mon père. Je sais que ce divorce a été une souffrance pour elle, enseignante dans une France des années 70. Lorsqu'elle s'est remariée elle a même envisagé de me faire porter le nom de son nouveau compagnon (pas plus équilibré qu'elle!!!). Mon père était très absent et je ne voyais qu'un week end tous les 3 ou 4 ans. Chaque fois, ma mère dénigrait violemment toute activité faite avec lui, ou chacun de ses achats. C'était extrêmement douloureux et culpabilisant. Résultat : j'appréhendais chacune de ses visites, j'avais très peur de lui, je m'interdisais toute question sur mes origines paternelles et toute partie de moi même pouvant être son reflet puisque c'était une partie mauvaise et que cela faisait du mal à ma mère. C'était un sujet tabou. J'ai alors retourné cette violence contre moi : à l'adolescence, je suis entrée dans la spirale de la dépression et surtout de la boulimie. J'ai commencé une psychothérapie après des idées suicidaires "très présentes", vers 25 ans.
Puis à 30 ans, j'ai pris enfin la décision de partir vivre près de mon père et de sa famille et surtout mettre de la distance avec ma mère.
J'ai perdu tant d'années à lui en vouloir, à chercher à comprendre pourquoi ce mal être et à essayer de lui faire changer d'avis, à chercher qui j'étais vraiment. J'ai aussi essayé de construire des liens père/fille qui m'avaient tellement manqués. J'en ai fait le deuil maintenant : on ne ratrappe pas le temps perdu. Je n'ai commencé à prendre confiance en moi, à accepter de me construire en tant que femme et à devenir mère que depuis peu de temps. J'avais si peur de faire du mal à mon tour. Aujourd'hui j'ai 41 ans, je vais accoucher d'une petite fille dans les jours prochains. Je meurs de peur mais au moins j'avance. Ma mère entretien toujours la haine contre mon père et sa compagne... Dans cette histoire, mon père a continué son chemin, ma mère aussi. Ils ont certainement souffert, mais ils ont fait des choix. Moi je ne l'ai pas eu mais ça m'a pourri la 1ère partie de ma vie, j'espère que ma fille n'en subira pas les conséquences... A l'aube de ce grand bonheur, je ne peux envisager aucune réunion de famille de mon côté (mariage, baptême...), il n'y aurait guère que mon enterrement, si je partais avant eux!
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