HervÉ

"cela fait mal en permanence, comme si on marchait toute la journée avec une punaise dans le pied. Ca ne s’arrête jamais"

Je découvre votre site, suite à un article passé dans la presse.

C’est avec une grande émotion que je lis les quelques témoignages etapprends qu’une expression existe pour ce que j’ai vécu et vis toujours : l’aliénation parentale.

J’ai 46 ans, je suis le papa d’un garçon qui a 15 ans et d’une fille qui a 12 ans. Je me suis séparé de mon ex épouse en juillet 2002. Le jugement de divorce m’a accordé le droit de visite classique (un we sur 2, la moitiédes vacances, etc)

Très vite, mon fils a refusé de me voir, prétextant que « j’avais pris tout l’argent » ! En fait, mon ex s’était viré depuis le compte joint la modique somme de 152000 €, bloquant ainsi carte bancaire, etc… !

Ma fille a, elle, accepté de me voir pendant un an, un week end sur 2. Mais je sentais bien qu’elle avait « la pression » quand elle rentrait chez sa mère. Elle culpabilisait lorsque nous faisions la moindre activité, comme si elle n’avait pas le droit d’être heureuse avec son papa, qui était « le vilain ». Et un samedi, est arrivé ce que je craignais, elle aussi a refusé de me voir.

J’ai cru mourir pendant ces 4 longues années, ne pouvant pas les joindre au téléphone (je tombe systématiquement sur une messagerie et on ne me rappelle jamais), ne pouvant pas les voir. J’ai conscience de ce temps qui
passe sans eux, je ne les vois pas grandir, je ne peux plus les embrasser, les toucher, les sentir, les entendre rire…C’est comme une amputation qui ne cicatrise jamais.

Je me suis trouvé aussi confronté aux : « mais, enfin, pourquoi ne saisis tu pas la justice, tu es dans ton droit ? », ou « mais, elle n’a pas le droit de refuser que tu les voies !»,. Bien sur, j’ai porté plainte n+1 fois pour non présentation d’enfants, bien sûr j’ai demandé une médiation, bien sûr j’ai demandé d’avoir la garde de mes enfants. Et à chaque fois : « déclaré sans suite, la mère n’y est pour rien, ce sont les enfants qui refusent de voir leur père ». Je suis allé en appel, obtenu un droit de visite en milieu neutre pour 5 séances !! : j’ai pu rencontrer mes enfants pendant ces séances, mais pour me heurter à leur colère et leur haine. Le mal était déjà fait.

Aujourd’hui, je les vois une fois par an, le 22 décembre, pour aller acheter les cadeaux de noël avec eux. Ce jour là, ils sont charmants, presque affectueux, et puis plus rien jusqu’au 22 décembre suivant…Comme le souhaitait mon ex, je suis devenu un père financier et plus un père affectif.

En dehors de ma souffrance, je suis inquiet pour mes enfants qui sont élevés dans la haine de leur père, dans le vide de leur famille (ils ne voient plus leur grands parents maternels et paternels, leurs cousins, plus personne), alors que je pourrais tant leur donner.

Je suis partagé entre la colère, la frustration, le sentiment d’injustice et puis la tentation parfois de tout « envoyer balader » et de tout abandonner.

C’est dur, invalidant et cela fait mal en permanence, comme si on marchait toute la journée avec une punaise dans le pied. Ca ne s’arrête jamais.

Hervé

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