Outreau a toujours existé : Jean-Pierre, un "père de Pontoise" témoigne

Mesdames, messieurs les intervenants et concernés par l’affaire d’Outreau.

Dieppe, le jeudi 9 février 2006 - Ayant vécu personnellement, en octobre 96, une mise en examen pour agression sexuelle sur mon fils, alors âgé de 6 ans et demi, lors d’une procédure de divorce, je vous joins divers courriers (une infime partie de ce que représente 10 ans de lutte.) afin d’apporter un nouvelle angle de vue de ce genre de désastres judiciaires qui n’ont pas commencés à Outreau.

Avec plusieurs pères qui ont eut à subir une procédure durant des années, nous avions formé un collectif «  les pères de Pontoise «  afin de défendre notre droit à voir nos enfants.

Nous étions tous accusé par notre ex femme d’agression sexuelle sur nos enfants et je tiens à dire qu’après toutes ces années de lutte, à titre personnel, en collectif ou avec l’aide d’association de défense des droits des pères et, quoique nous ayons tous profité d’un non-lieu, nous avons quasiment tous perdue de vue nos enfants et nous n’avons jamais obtenu réparation.

En ce qui me concerne, après un non-lieu, une confirmation en appel et un pourvoie en cassation rejeté, je tiens à dire que je n’ai revu mon fils qu’une heure par mois en point rencontre durant trois ans et que je ne le vois plus du tout depuis deux ans .

Je voudrais vous faire remarquer que ce ne sont pas seulement les juges d’instruction qu’il faut remettre en cause (madame Tabareau de Pontoise était tout à fait apte à prendre le recul nécessaire et analyser les fausses accusations dont je fus l’objet.

Les gendarmes en ce qui me concerne n’ont pas dérivé non plus

Je tiens à mettre également un coup de projecteur sur les experts  pédopsychiatres.

Pour ma part j’ai rencontré un dénommer Char…, expert près la cour d’appel de Versailles, un parfait incapable, n’ayant même pas ouvert le dossier et qui s’en ventait ouvertement devant moi et ma nouvelle épouse.

Même constat, pour lui : « la parole de l’enfant est parole d’évangile et s’il dit (quoique de façon très contradictoire dans mon cas au fur et à mesure que le temps passe) qu’il ne veut plus voir son père, c’est qu’il dit vrai. Quoi de plus normal, après six ans d’aliénation parentale de la part de sa mère mais ça personne ne s’en inquiète.

Combien de fois ai-je fais parvenir les écrits de pédopsychiatres très spécialisés, tel que P… B… à ces intervenants qui n’ont jamais pris le temps de les lire ou n’en ont tiré aucune conclusion.

Ces prétendus experts ne sont même pas capable d’envisager le mensonge de l’enfant alors que, dans mon cas, les contradictions avait été mis en évidence par le juge d’instruction et qu’il ne fallait pas à être grand clerc pour confondre rapidement des petits mensonges induis par des années d’aliénation parentale de la part de la mère.

Je veux vous parler des juges aux affaires familiales qui, en ce qui me concerne : Mmadame B.. Desm…, juge aux affaires familiales de Pontoise, lors de la première audience, ne voyant pas le père (à qui l’on a volé une convocation non recommandée au passage dans sa boite à lettre) ne trouve rien de plus intelligent que de prononcer une «  réserve provisoire sur le droit de visite », sans même avoir jamais rencontré le père.

Comment, en tant que professionnelle, pouvait-elle ignorer qu’une telle décision hâtive allait dans l’état actuel de l’exercice de la justice m’empêcher d’avoir la moindre nouvelle de mon fils durant plus de deux ans ?

Les intervenants sociaux sont à l’avenant, ils se prononcent avec le mieux disant et tout ces gens se répondant en échos n’ont, vu le temps nécessaire aux procédures (8 ans pour un non lieu au pénal et un divorce aux affaires familiales), pas ou plus la moindre idée de ce que contient le dossier.

Les avocats ne sont pas non plus en reste, maître S.. Merc.., du barreau de Pontoise, bien connu, pour récupérer toutes les futures divorcée ayant choisi de parler d’agression sexuelle sur les enfant au moment du divorce, se sert honteusement des lenteurs de procédure pour faire en sorte que les enfants soient séparés définitivement de leur père. Tout le monde le sait, et personne ne fait rien !

Le bâtonnier, Madame G… M…, reçoit une dizaine de plaintes de pères, concernant le manque total de déontologie de telles pratiques, mais ne trouve rien à redire.

Les avocats qui nous défendent suivent, quant à eux, mollement les quelques audiences étalées que l’on veut bien leur accorder dans un planning surchargé, tout en continuant, de renvoi en renvoi, à facturer des sommes importantes à leurs clients pour réactualiser quelques conclusions dormants confortablement au fond du disque dur de leur PC. On se voit d’ailleurs souvent lâchés avant la fin des procédures du fait que l’on se retrouve dans l’impossibilité de continuer à payer de telles sommes.

Voila , en quelques mots, le tableau que je brosserai de la justice , je dois certainement me trouver très heureux pour ma part de ne pas avoir été incarcéré, et d’être sorti de cette impasse mais, si ma vie n’est pas brisée comme celle des accusés d’Outreau, elle n’en est pas moins abîmée à jamais.

Mon fils Gabriel, qui fêtera ses 16 ans le 1er mars 2006, ne me donne aucune nouvelle depuis ce dernier week-end d’octobre 96, où j’ai reçu deux cartes postales, écrites en vacances de mer par la maîtresse et une autre par sa mère, avec « je t’embrasse papa chéri ». Drôle de formule pour s’adresser à un prétendu père agresseur !

Je ne l’ai jamais revu en « père normal ou homme libre » à ce jour, et vous comprendrez pourquoi j’accuse et je nomme l’ensemble de ces personnes .

Je vous fais parvenir ce courrier, et je laisse la copie de mon dossier à votre disposition, afin que vous puissiez saisir le contexte dans lequel vivent les accusés dans ce genre d’affaire.

Je vous autorise et vous prie de mettre à disposition de quiconque mon témoignage afin que mon expérience soit utile à d’autres victimes d’une justice qui, si elle n’est pas totalement aveugle, est tout au moins très myope.

Bien à vous.

Jean-Pierre Hayoun

Les noms des différents intervenants sont disponibles auprès du bureau d’ACALPA

 

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