DE SYLVAIN & MORGANE (Belgique)

Après la séparation des parents, est organisée une garde alternée pour deux enfants en bas âge (nés en 89 et 91) et ce pendant plusieurs années… Mais peu à peu s’installe un système de manœuvres du père tentant de «capter» les enfants contre la mère ; s’ensuit alors un harcèlement procédurier du père des enfants, de sabotages du rôle éducatif légitime de la mère, d'intrusions dans la vie privée de celle-ci, d’implication des enfants dans comportements intrigants, des commentaires destructeurs et dénigrants pour la mère. Fragilisée par cette guerre perpétuelle, et constatant les dégâts sur ses enfants, celle-ci interpelle alors le service d’aide à la jeunesse, qui intervient pour faire transférer une nouvelle procédure en civil de la part du père de ses enfants vers le protectionnel. Après 9 ans d'hébergement quasi-alterné, après l’audition des enfants (conditionnés par le père), le tribunal décide de confier "provisoirement" les enfants à leur père en principal, avec un droit d'hébergement classique (sans en préciser les modalités )pour la mère, sous réserve d'une expertise psychologique et sous condition de soumettre parents et enfants à une guidance éducative du service de protection judiciaire, mentionnant également que le protectionnel se saisit du dossier en raison du harcèlement procédurier qui ne peut que rendre les enfants "otages du conflit parental".

A partir du jugement, le père ne présente plus du tout les enfants à la mère et ne respecte nullement la décision judiciaire. Il faut alors attendre une première réunion d'application de mesures du SPJ (=service de protection judiciaire) qui n'a eu lieu que six semaines après et qui établit un premier calendrier des séjours des enfants chez la mère. La reprise de contact des premiers week-end est encadrée par un espace-rencontre. Durant cette première année sous guidance, il y aura juste deux réunions au SPJ. La délégué du service rend trois visites au père (et enfants ?) et quatre à la mère (dont trois en présence des enfants). Elle reste joignable par téléphone. Lorsque la déléguée, consciente de la problématique, s'adresse au petit garçon de 9 ans, celui-ci lui répond méfiant : ”je ne parlerai qu'en présence de mon avocat” !

ix mois plus tard, le rapport d'expertise tombe enfin et identifie un problème grave pour les enfants, appelé «conflit de loyauté» et la négation flagrante du rôle de la mère par le père. Il s’agit d’un «acte pur et simple d’accaparement des enfants» par le père au détriment de la mère.

Est alors envisagé le retrait du milieu familial (vers un internat scolaire) mais cela représente le risque d'être mis en échec et de se retourner alors contre la mère (ce qui était le contraire du but poursuivi, explique le jugement). La guidance éducative est maintenue jusqu'au terme du mandat annuel, avec maintien des enfants chez leur père, (parce qu’une psychologue émet oralement l’hypothèse qu'un moment, le père pourrait se lasser de son besoin de conflit) et thérapie pour la fille "pour l'aider à développer son sens critique".

Six mois plus tard, le rapport annuel du SPJ tombe et dénonce les importants "sabotages" éducatifs, les propos haineux du père, le total non-respect de l'autorité parentale conjointe (par exemple, le père a changé les enfants d'école sans même consulter la mère), la perception négative des enfants à l'égard du SPJ, enfin le «lavage de cerveau» sur les enfants et suggère de mettre en place alors l’intervention d’un service d’accompagnement éducatif, appelé COE.

Le tribunal protectionnel maintient les enfants chez leur père sous une série de conditions, en soumettant père, mère et enfants aux directives du SPJ,à une guidance d'un COE (=centre d'orientation éducative), plus un espace de parole pour chacun des enfants.

Entre-Temps, bien qu'au civil, la mère ait toujours l'hébergement principal, le papa change le domicile des enfants, ce qui a pour effet de changer le dossier dans une autre région. A la première réunion du nouveau SPJ, le papa ne se présente pas. Le directeur du COE est présent et invite la mère à commencer au plus tôt le travail avec son intervenant. Le principe de ce COE est de déléguer un intervenant pour chacun (père, mère et les deux enfants). Les 4 intervenants se retrouveraient ensuite en réunion pour essayer de résoudre le conflit. La mère commence donc le travail mais le poursuit en fait seule toute une année. Une réunion est alors organisée 1 mois plus tard pour le père et nos enfants. Mais il refuse le travail avec le COE et empêche les enfants d'y participer, sous prétexte qu'il n'y a plus de neutralité puisque la mère a déjà commencé le travail ! Le travail de guidance pour le premier enfant est très réduit (il y va de temps en temps, c'est le père qui a choisi le thérapeute et l'y conduit). L’autre enfant ne bénéficie pas d’un espace de parole. Pour le calendrier des séjours chez la mère, le SPJ de la seconde région, contrairement à celui de la première, ne s'en préoccupe pas et charge les parents de s’organiser. Le SPJ perçoit bien, avec le temps, les obstacles que le père génère, mais ne réagit pas. Au cours de l'année plusieurs interventions intempestives perturbent le bon déroulement des séjours des enfants chez la mère. La mère signale les manquements, mais aucun recadrage n'est effectué. Seul le COE interpelle régulièrement le Procureur du Roi. La seule réaction du SPJ au bout de neuf mois, est de vouloir mandater une nouvelle expertise des enfants.

Mais le père refuse et le SPJ convoque la mère pour l'inviter à demander cette expertise. La mère explique qu’il est mieux que cette initiative soit prise par les institutions judiciaires plutôt que par elle, déjà cible des enfants à l’initiative du père , pour ne pas encore passer pour la "mauvaise" aux yeux de ses enfants. Sous le conseil du COE, le SPJ prend la responsabilité de sa décision. Le père est furieux et amplifie les «sabotages» des séjours des enfants chez leur mère et utilise de plus en plus les enfants comme "soldats armés" chargés de protéger le bon père contre la mauvaise mère. Il les poussera même à "fuguer" via des SMS envoyés sur le GSM (tél portable) de la fille, dès le début du séjour chez leur mère, et "accourt" les rechercher en voiture à un endroit convenu. Il y aura deux audiences en protectionnel (dans l'attente du nouveau rapport d'expertise). Elles ont duré plus de deux heures chacune. A chaque fois, le père se fait interpeller fortement par le Procureur, qui réplique en tapant sur le banc en disant

"vous êtes obligés de compter sur ma bonne volonté pour qu'elle revoit ses enfants".

La mère n’a eu de cesse de dénoncer le syndrome d'aliénation parentale et pour le moins la non-collaboration du père aux mesures contraintes. Les rapports du SPJ et du COE convergent dans ce sens. Le rapport d'expertise va dans ce sens sous d'autres termes, relève la vision manichéenne du père, l'image maternelle totalement détruite, les attitudes paranoïdes du garçon. Ils ne voient plus très bien quoi faire, si ce n'est tenter de conserver le lien mère-enfants à minima, via un espace-rencontres.

Extraits du rapport du SPJ

"…Entrer en contact avec les enfants est donc extrêmement compliqué, non seulement parce que le service d'accompagnement rapidement évincé par Mr X et par ses enfants n'a pu faire son travail, et ne répond donc pas aux exigences du jugement prononcé, mais ensuite parce que leur liberté d'expression semble être dépendante et proportionnelle à la gravité du conflit parental.

Depuis le mois de mai 2001, nous assistons donc au travail de démolition engagé par Mr X à l'égard de Mme Y, démolition de son image aux yeux des enfants, de son existence même, déni complet de ses responsabilités en tant que mère associant au besoin pour cet objectif qu'il semble s'être fixé, les enfants d'abord, qui par leur loyauté ne peuvent qu'adhérer aux principes véhiculés par leur père, ensuite l'école du garçon, qui tout en se déclarant neutre se positionne pourtant du côté du père, sans laisser à Mme Y la moindre chance d'exister en tant que mère.

Seule, Madame Y s'est conformée aux directives imposées par le Jugement. M.X quant à lui, s'est ouvertement opposé à toute prise en charge, prétendant ne pas être concerné par le jugement, incluant dans sa décision ses propres enfants qui tiennent le même discours.

Dès lors et malgré ce qui était convenu par jugement, rien n'a été fait pour les enfants, qui sont en permanence sous influence et qui vivent baignés dans une atmosphère destructrice et réductrice de l'image de leur mère, seule personne qui a accepté pourtant de se soumettre aux directives imposées. Depuis la prise en charge par le SPJ et si l'on fait référence aux rapports transmis par ce service, la situation n'a guère évolué et le conflit s'enlise. M.X ne laisse aucune chance à la mère de prendre sa place auprès des enfants."

Dans les couloirs et coups de téléphone, tous les intervenants parlent de retirer les enfants momentanément de leur milieu familial, mais ils n'osent pas pour cause des manœuvres et sabotages du père et parce que le garçon de 11 ans s'est tellement investi de ce conflit parental (qu'il "donnerait sa vie pour sauver son père"!). Le SPJ dénonce implicitement l'erreur des mesures du jugement initial ! Dans l'attente du jugement protectionnel, une réunion au SPJ a lieu au départ des grandes vacances pour organiser le séjour des enfants chez leur mère, pendant les vacances, mais le père ne s'y présente pas...

Le nouveau jugement en appelle au renouvellement des mesures contraintes (dont une guidance thérapeutique parentale et un espace de parole neutre pour chacun des enfants sans interférence entre frère et soeur) avec d'autres services (parce que le père a justifié sa non-collaboration en estimant que le COE n'était pas neutre- il a également porté plainte contre le SPJ !), et invite fermement à la collaboration du père à la restauration du lien mère-enfants, qu'il a précisément lui-même détruit. Il précise enfin qu'il n'est pas habilité à régler des modalités d'hébergement (cela relève du civil).

Guidés par leur père, avec la complicité de leur conseil (payé par le père),les enfants font appel à ce jugement. La procédure est en cours. En août, le père introduit un Référé auprès d’une autre jurisprudence, pour l'octroi de la domiciliation des enfants chez lui, ce qu'il obtient à titre précaire, …sous réserve d'un nouveau débat à venir au civil. L'autorité parentale reste conjointe. L'ordonnance interpelle à nouveau le père sur sa responsabilité dans la négation du rôle de la mère et sur la nécessité de sa collaboration à la restauration, "d'autant plus qu'aucun grief n'entache les capacités éducatives de la mère". Mais la réunion d'application de mesures du jugement protectionnel au SPJ n'a lieu qu’à la fin des congés scolaires. Comme le père ne présentait plus les enfants à la mère et que ceux-ci disent ne plus vouloir la voir, le SPJ a mandaté une nouvelle fois un espace-rencontre. Mais...la directrice était en congé tout le mois de septembre. Elle devait prendre un rendez-vous préalable avec chacun des parents dès la première semaine d'octobre. Ils n'ont été fixés que le 15 pour la mère, le 29 pour le père. La mère ignore à nouveau quand elle pourra revoir ses enfants. Le service de guidance thérapeutique parentale ne l'a toujours pas contactée (3 mois après le jugement !). Affaire à suivre…>

VOICI LE ”PARCOURS DE COMBATTANT” QUE DOIT EN BELGIQUE ENDURER UN PARENT ENGLUE DANS LES ARCANES JUDICIAIRES ET DIVERS SERVICES INTERVENANTS.

PENDANT CE TEMPS, L’AUTRE PARENT A TOUT LE TEMPS D’INSTALLER LE PROCESSUS D’ALIENATION PARENTALE ET LA LENTEUR DE REACTIONS DES INSTANCES TANT JUDICIAIRES, PROTECTIONNELLES ET D’AIDE A LA JEUNESSE , PREJUDICIE LES ENFANTS DANS LEUR LIEN A L’AUTRE PARENT.

Quant à la Justice, si à chaque audience, juges et procureurs réprimandent le père, cela se retraduit à peine dans les textes, et ce dernier se moque éperdument des déclarations des juges et procureurs . Bien conscient des failles du système, il se joue des lois.

Aujourd’hui, même les enfants disent "on s'en fout du juge, on s'en fout des lois".

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