Je désire PARTAGER avec vous tous une TRÈS TRÈS BONNE NOUVELLE :
Le 9 juin 2006, nous nous sommes revus : mon fils, BENOIT (âgé de 19 ans) et moi, sa maman ... Après plus de 5 ans, depuis le 18 avril 2001.
Un simple déjeuner qu'il a souhaité poursuivre ... il m'a attendu et nous sommes rentrés ensemble chez moi après mon travail, une ballade à pied, une découverte à vélo des bords de Seine, un diner et nous l'avons raccompagné ...Tout cela avec une simplicité et un naturel que je n'aurais jamais crû possible. (Comme si nous nous étions vus il y a 2 semaines, comme une mère et un fils (adulte) qui se rencontrent naturellement pour bavarder, plaisanter, demander des nouvelles, sourire et profiter du plaisir simple d'être ensemble)
J'ai savouré le PRESENT sans penser au PASSE, ni à l'AVENIR. Quand une maman n'a pas pu voir, partager avec son fils, pendant tant d'années, j'ai pris et savouré ces moments tout simples (comme un funanbuliste qui se réjouit d'avoir réussi à marcher pour la première fois sur un fil ! il sait oh combien c'est beaucoup et fragile à la fois et que d'un moment à l'autre, il peut tomber !)
Je ne vous décris pas ma joie et tout le reste ... que j'ai pu ressentir (il a pu ressentir) car je pense que, chacun de vous, en tant que parent, dans la même situation que moi, vous l'imaginez très bien. J'avais l'impression de rever mais c'était bien la réalité (comme c'était malheureusement bien la dure réalité pendant ces 6 ans, où je souhaitais me réveiller et me rendre compte que ce n'était qu'un cauchemar !)
Cela fait plus de 5 ans que je n'ai jamais cessé de garder le contact, malgré "tempêtes et ouragans", entre désespoir et espoir, et découragement et colère ... etc ...., par 1000 (plutôt plus) lettres, cartes, emails, appels téléphoniques, via la famille , les amis, via la justice ... par la douceur, la patience, la tendresse, l'humour, la fermeté et mille propositions, de toutes les manières possibles et inimaginables (Et "Dieu sait" que nos ressources de parent peuvent être inépuisables même au détriment de notre santé) : sans succès sinon le rejet, l'indifférence (?), le silence ou/et l'agressivité.
Je tenais à partager cette bonne nouvelle et à remercier avec mon coeur tous ceux qui, durant toutes ces années, m'ont aidée, écouté, tenu la tête hors de l'eau, tendu la main, le coeur surtout, ont été présents un moment ou longtemps, m'ont accueillie les bras ouverts sans jugement, sans rejet, par amitié ou par amour, m'ont insufflé espoir, m'ont redonné confiance en l'être humain que j'étais , en la maman que j'étais et que je suis toujours, m'ont laissé pleurer et m'ont fait sourire et rire (car la vie continue).
Famille, amis nouveaux et anciens, inconnus et les parents de l'association que j'ai rencontré, ont partagé des moments pas très gais et d'autres pleins de joie au fur et à mesure que je me suis reconstruite et c'était essentiel pour moi de partager cette bonne nouvelle.
C'est un message d'espoir aussi pour tous les parents qui sont privés d'un ou plusieurs
enfants et subissent ce manque et qui balancent entre espoir et désespoir, tout en
réagissant chacun à sa manière (et toutes les manières sont honorables! ).
Voilà Olga et tous les autres parents anonymes ou connus ... Certaines connaissances ,
négatives, m'ont dit : " et maintenant ??? que va t il se passer ? allez vous vois voir souvent ?
j'ai répondu : Je ( et BENOIT !) savoure le PRESENT comme un cadeau.
L'avenir ???
La soeur de BENOIT, âgée de 22 ans, prend avec beaucoup d'inquiétude et son éternelle
agressivité a grimpé encore plus (comme si cela était possible !!!). J'ai essayé de la rassurer,
de lui faire comprendre que, comme pour son frère, cela était possible, que je l'accueillerais
les bras ouverts (toujours le même discours depuis 6 ans) etc ...
Elle est hystérique ... Ma fille n'est pas du tout prête ... pourtant cela la bouleverse et doit
remuer beaucoup de choses en elle.
Pour l'instant, ma crainte est qu'elle continue à influencer son frère négativement.
Mais il a fait un pas ENORME et si difficile après tant d'années. Je le sens serein et ouvert
: c'est cela le plus important !
Je vous souhaite à toutes et à tous un bel été, plein de petits moments de bonheur simple et
d'espoirs pour vous mêmes et vos enfants (petits, ados ou adultes)
bien sincèrement et solidairement
Île de France, le 12 juillet 2006.
ÉLISE
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