Bonsoir,
Une pensée amicale à toutes. J'espère que vous êtes sereines et en forme pour continuer le chemin. J'ai eu envie de vous écrire : Les mots du début ... de l'année 2005
Je n'ose écrire ce que je nous souhaite à chacune d'entre nous : mais vous l'avez compris !
Pour ma part, ces fêtes de NOEL et de fin d'année se sont bien passées, entourée de ma famille et de mes amis très proches. Ils étaient heureux de constater que le temps avait fait "son travail" et que je semblais moins dans la souffrance et le passé. Ils m'ont avoué être plus détendus de me sentir plus légère. Cela fait 4 Noëls !!!!
Cependant, j'ai repoussé jusqu'au dernier moment pour appeler enfin mes enfants et j'ai tenu jusqu'au 3 janvier ... Ma fille m'a répondu avec un air désabusé et ennuyé fait de "hum ..." "oui" "non ... avant de me jeter à la figure d'un air tout d'un coup joyeux et pétillant " tu n'étais pas partie en Thaïlande ou en Indonésie pour Noël ? "
Cela se passe de commentaires ... le destin aurait pu bien faire les choses et enlevé une personne de plus et la débarrasser ENFIN et définitivement de sa maman ... j'ai beau avoir entendu des vertes et des pas mûres depuis 4 ans , à chaque fois, j'en reste sans voix ! Ce conditionnement s'apparente à celui d'une secte mais et cette méchanceté ??? gratuite ... qui plus est !!!
Je pensais à Malo dont la fille a eu 18 ans début janvier ... je pensais à chacune de vous et à toutes ces paroles échangées , ces faits, "ces anecdotes" et je me disais " mais quelles sont les solutions ? " "que faire vis à vis de cette indifférence , cette éradication de la maman (ou du papa) ? que faire jour après jour ? et la solution, n'est ce pas tirer un trait sur le passé, sur notre passé, sur notre vie et celles que nous avons mis au monde pour ENFIN VIVRE ?
Car je me rends compte que bien, qu'avec courage, témérité, force et aussi découragement, envie de tout envoyer balader, on se bat jour après jour pour "survivre", vivre le mieux possible sans oublier cette plaie ouverte. On se bat pourquoi ? faire comprendre à ses enfants (pour ma part, ils sont majeurs ... ou presque puisque BENOIT aura 18 ans en avril 2005) que nous sommes là, qu'on les aime, qu'on désire PARTAGER avec eux des moments de tendresse, de complicité ... que nous sommes des êtres humains dignes, aimants, adultes capables de tolérance, de comprendre, de pardonner, de se battre, de patience (!!!) ...
Mais les mots, la patience, maintenir les liens, épuiser ses forces, faire souffrir aussi ceux qui sont proches de nous et qui souffrent de nous voir souffrir, sans pouvoir rien faire ... ils ont envie de nous voir heureuses et enfin libres de ses liens invisibles qui nous ramènent à notre passé, à un ex-conjoint qui nous tient encore via nos enfants
je réfléchis et je me dis qu'il faut peut être avoir la sagesse d'arrêter de se battre, d'arreter de se détruire et que la solution viendra un jour, avec le temps (mais combien de temps ?), avec la maturité de nos enfants, de nos adolescents devenus à leur tour, adultes, homme / femme, avec une vie sentimentale, personnelle, professionnelle et amicale ... une vie tout simplement ... attendre que l'expérience personnelle ouvre leur coeur, soulève un pan de leur vie d'enfant qu'ils ont enfoui parce que "on" leur a dicté leur conduite, leurs sentiments, leur personnalité, saccager une part de leurs racines en dénigrant un de leur parent .
ATTENDRE avec patience et tendresse et espoir, sans désespoir ! sans révolte, sans colère, avec sagesse, avec raison .... que doucement, parce qu'un autre être humain dont ils seront amoureux, osera leur dire des mots qui auront d'un seul coup une autre résonance, qui trouveront écho dans leur coeur ... parce que les aléas de la vie percent le tissu très solide de leurs certitudes de jeune adolescent ou de jeune adulte sûr de lui, un peu arrogant ... parce qu'un évènement douloureux ou grave les feront se remettre en question, se poser des questions plus essentielles sur le sens de leur vie , sur leurs racines ...etc ou qu'un manque se fasse ressentir ?
Faut-il attendre et attendre encore ? se battre ? chercher à comprendre ? envisager d'autres voies ? s'endurcir encore et encore ? essayer d'autres solutions ? prendre d'autres directions encore non explorées ? Oui ? non ?
cela en vaut il la peine ? que faire pour les "toucher", les émouvoir, pouvoir juste communiquer avec eux (c'est peu des choses mais nous sommes des parents réduits à "quémander" qqs mots par téléphone (s'ils ne raccrochent pas avant ...)? (même qqs paroles sur un ton agressif, méchant, pour recevoir qqs nouvelles de leur vie, de leur santé, de leur quotidien, de leur bien être, de leurs études), une photo, une image furtive volée à la sortie de l'école au loin ... mais qu'est ce que c'est cette vie ?
Nous sommes des êtres humains respectables, aimants, dignes de respect et d'amour et non des serpillières sur lesquelles nos ex-conjoints se délectent à frotter leurs pieds sales de leur bêtise, de leur inhumanité, de leur colère, de leur parano, de leur esprit détraqué et non serein et équilibré. Ils nous connaissaient et savaient combien cela nous fait souffrir ... et nos réactions de maman, de parent aimant nos enfants.
Nous sommes également devenues des serpillières pour nos enfants. Ils se défoulent consciemment ou inconsciemment tels des "enfants rois", sans âme, ni sentiment, dans un monde où tout leur est dû, où le matériel prévaut sur le respect et la tendresse maternelle, dans lequel, sans le savoir, ils sont devenus des enfants "soldats" dans la guerre du divorce.
Ils voient des parents se déchirer ... une maman qui souffre devant "ses trésors perdus", prête à tout, pour récupérer ses enfants, prête à accepter leur indifférence, leur agressivité, à écouter, à revenir et revenir vers eux, à téléphoner, à écrire qu'elle les aime, qu'elle sera toujours là, que sa porte est ouverte, qu'elle pense à eux ... prête à accepter de faire n'importe quel cadeau, accéder à n'importe quelle demande pour prouver ... ???? prête à tolérer leurs accès de colère, leurs caprices, leurs exigences...mais surtout ne pas rompre définitivement le lien.
Comment faire comprendre à ces enfants que nous sommes adultes, des êtres "debout", forts , qu'ils peuvent compter sur nous ... s'ils nous voient pleurer, implorer, essayer de leur faire plaisir, de pardonner, sans rien exiger ? Ils clament leurs droits, le droit au respect, le droit de CHOISIR, de faire ce qu'ils désirent, d'exiger, de décider ...
Oui, ils ont des droits (on leur clame, à juste titre, sur les affiches des écoles ... à la télévision, etc ) et nous, nous les avons toujours respectés car nous sommes des parents aimants. Alors !
Et ils se croient tout permis, comment vont -ils grandir ? dans quel contexte ? avec quelles valeurs ? puisque le parent qui en a la garde les autorise à être irrespectueux, à insulter l'autre parent, à être violent , agressif, à prononcer des paroles ignobles ... à avoir un comportement de sauvage, à ricaner, à faire mal ... sans respect, à oser faire à autrui ce que l'on n'accepterait jamais au grand jamais pour soi ?
Comment vont-ils grandir avec la haine au coeur ? ricaner de la souffrance ? grandir en ayant compris qu'il suffit de crier plus fort, de décider, de choisir et l'adulte plie, la justice plie , baisse les bras. Comment vont-ils réagir lorsqu'ils devront affronter une difficulté au lycée, un événement grave ou déstabilisant ou tout simplement qu'il ne leur plait pas ? Ils auront assimilés qu'il suffit de crier, de se montrer agressif, d'exiger et que les autres vont plier ... ce sera la surenchère de la violence ... qui va céder, qui va pouvoir choisir ? Comment vont-ils vivre leur premier (petit) échec de leur vie? Comment vont-ils réagir devant une hiérarchie, une autorité quelconque (ne serait ce qu'un prof qu'il leur exprime qqch qui ne leur plait pas ?) Vont-ils se lever, hurler, se montrer agressif, exiger, trépigner, faire un caprice ?
Nous ne sommes pas des parents qui veulent instaurer de non dialogue, dans lequel l'enfant et l'adolescent n'a pas son mot à dire. Au contraire, nous avons élevé nos enfants dans une grande liberté d'expression, les invitant à participer aux décisions familiales (plus ou moins importantes : le choix d'un lieu de vacances, d'une sortie... ), inviter, inciter nos enfants à s'exprimer sur leurs désirs, leur choix (sportif par exemple, étude, vestimentaire ...etc), les invitant à être un membre de la famille à part entière, à ne pas être mis de côté parce que trop petit, trop jeune (comme nous l'avions entendu mille fois dans notre propre enfance : ce qui nous faisait rouspéter "que ce n'était pas juste !") Nous avons voulu les solliciter pour les aider à grandir à s'épanouir, à être encore plus ouverts au monde, aux autres, à l'environnement, à la vie afin de leur proposer une palette ouverte, de possibles, de joies, de détentes, de connaissances, d'aptitudes, sources d'épanouissement.
En plus de l'amour, de la tendresse, de l'écoute, de la disponibilité, du temps, nous avons voulu et offert à nos chérubins beaucoup. Tout cela partait d'un bon sentiment et d'une refléxion sensée dans un désir sincère d'offrir à nos enfants une force, un équilibre et des atouts pour leur vie future de jeune, d'adulte.
QU'avons nous fait ? Nous n'avons pas voulu être trop autoritaires, trop rigides, trop sévères (mot préféré de mon père, de nos parents pour la plupart). nous avons voulu leur montrer tout simplement que nous les aimions et la mesure de l'amour n'est-elle pas d'aimer sans mesure ? l'amour inconditionnel est l'amour maternel !
nous avons le retour du bâton ? Des enfants revendicatifs qui choisissent qui s'expriment, qui exigent, qui savent choisir, surs d'eux, préremptoires, égoïstes, égocentriques, très individualistes.
Nous avons commis des erreurs ... peut être, sûrement ! le métier de parent est le seul métier qui ne s'apprend pas, il s'apprend, s'improvise à l'instinct , au feeling, au contact de l'enfant jour après jour, en échangeant avec d'autres parents.
que de constations ! que de réflexion ? que de temps à réfléchir, à essayer de comprendre, trouver des solutions ?
et maintenant ? que vais je faire ? .... je n'ai pas de méthode, de baguette magique, de stratégies, des potions magiques juste de l'amour à donner, une personnalité pour vivre, décider de ma vie et l'amour de la vie en moi pour réussir (on m'a dit qu'il ne faut pas dire essayer mais réussir !!!) à être heureuse, pour donner et recevoir, pour vibrer avec l'espoir que ces vibrations résonnent jusque dans le coeur de mes enfants.
Île de France, le 7 janvier 2005.
ÉLISE
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