Bonjour OLGA,
……
Je réfléchis beaucoup à nos situations, à ma situation. L'impression d'être en prison, priver de ma liberté de voir mes enfants, de leur parler, de vivre pleinement.
PA c'est PETER ANDRÉ, mon fils de 17 ans et demi ... je ne l'ai vu depuis le 18 avril 2001 (date où il a fugué avec sa soeur plus agé de 3 ans - alors qu'ils devaient passé toute la semaine de vacances scolaires avec moi) que qqs minutes à la gare ou à l'aéroport lors des départs en camps d'ados (j'ai les convocations puisque c'est via mon CE).
Il me raccroche au nez ; il refuse tout dialogue, il fuit. Les qqs paroles qu'il a accepté de me dire étaient dénuées d'agressivité (contrairement à sa soeur qui insulte, blesse, envoie des paroles très blessantes, toujours très maîtresse d'elle même, sans état d'âme) mais sur la défensive, dans la crainte (comme s'il n'était pas autorisé à me parler) , pas lui même, pas spontané (comme s'il faisait qqch d'interdit !).
Leur papa ricane, quand j'appelle il me répond avec un aplomb digne de celui qui a toutes les cartes en main, arrogant et sournois : J'ai fait la commission ; il se dédouane - ce sont les enfants qui ne veulent pas ... je n'y peux rien ! la mauvaise foi, l'ironie (quand il me dit par téléphone - ils vont très très bien , quel plaisir de les voir grandir ...), je devine ta peine de ne pas les voir ...(compatissant ? non ironique, blessant, celui qui se délecte de la souffrance de l'autre ..)
mais je fais la bêtise de l'appeler quand, au bout d'un certain nb de semaines, n'ayant pas pu avoir ANABELLA (même agressive au tél), je QUEMANDE qqs miettes de nouvelles fraîches. Vous allez me répondre, Olga : mais tu te rabaisses, tu quémandes, tu te comportes comme un mendiant ... Cet homme détient le pouvoir, il vit avec nos enfants, dans notre maison, dans nos biens. Il a même fait couper la messagerie téléphonique (pour pas que je laisse de messages), je ne connais pas l'adresse e mail de mes enfants, pas leur numéro de portable ...Le courrier que je leur envoie (des tas de lettres, cartes, photos de leur famille maternelle) passe par lui ou il a la possibilité de les lire. C'est de la tyrannie ! Il en abuse, il me connaît très très bien (après 20 ans de vie commune et de mariage), il connaît ma sensibilité, mon amour maternel, etc ... Il sait où ça fait mal et il en abuse et en use.
Couper tout contact ! ne plus l'appeler, quand j'appelle mes enfants c'est lui qui décroche - quand il raccroche - il me dit : oh je suis désolé, il ne veut pas te parler ...
La colère , l'impuissance, cette méchanceté, ce rejet, cette indifférence me font bouillir je me sent impuissante !
Mes amis, ma famille me disent de laisser tomber, de ne plus me faire souffrir, de vivre , de laisser mes enfants présents dans un coin de mon coeur et de vivre. Ils me disent que c'est du masochisme d'y penser, d'en parler... après 4 ans de MAIN Tendue, de propositions diverses de sorties, de visites, de vacances , de déjeuner avec leurs grands parents et toute leur famille maternelle, de dizaine et de dizaine de lettres, d'appels téléphoniques ... de cadeaux, de réunions avec leurs profs ... enfin tout ce qui m'a semblé BON pour eux, pour moi, possibilité de renouer des liens, leur faire plaisir, essayer de les toucher, de faire naître un brin d'émotion, qqch de positif ... RIEN !
pas une seule lettre, pas un seul appel téléphonique, pas de carte - ni pour NOEL, ni pour un anniversaire, ni pour la fête des mères, RIEN !!!
Il accepte l'argent, les cadeaux et les vacances via mon CE.
J'ai essayé de ne pas écrire (peut être allaient ils réagir, se sentir blessés de ne pas avoir de nouvelles), de ne pas téléphoner. J'ai même l'année dernière lors de l'anniversaire de ma fille le 26 novembre de ne pas téléphoner, ne pas écrire une carte d'anniversaire. et puis j'ai réécris !!! L'année dernière, lors de la soirée du réveillon, le 31 décembre vers 22.00 j'ai appelé (j'étais dans un restaurant, avec des amis, nous allions commencer à boire l'apéritif) et j'ai eu l'envie de les appeler. La soirée était belle, j'étais bien et j'avais juste envie de leur souhaiter une belle soirée et de débuter une nouvelle année avec le sourire, avec espoir, avec sérénité. J'avais juste envie d'entendre leur voix et de leur dire que je pensais à eux et que je les embrassais.
Je suis allée aux toilettes - pour m'isoler un peu de bruit et j'ai composé le numéro. Leur père m'a répondu : ANABELLA passait la soirée à l'extérieur ! je lui ai demandé de me passer mon fils et il a raccroché. J'ai recomposé le numéro 2 autres fois et à chaque fois on raccrochait. La troisième fois on m'a menacé de porter plainte pour harcèlement téléphonique. J'étais abasourdie, je ne comprenais pas ! Je m'y attendais pas (et pourtant je devrais le savoir, l'avoir compris, assimilé ... ON NE VOULIAT PAS DE MOI !
J'étais tellement sous le choc (alors que cet appel était spontané, juste une voix et envoyer une pensée et un bisou) j'ai redescendu l'escalier dans mes pensée, avec ma "GIFFLE" reçu et je suis tombée (c'est le cas de le dire !!! ) - j'avais très très mal mais je ne voulais rien montrer - je suis retourné à ma place après un long moment - et j'ai refusé d'aller à l'hôpital - je voulais passer une belle soirée et surtout ne pas gâcher la soirée des autres - donc je suis restée, nous avons dîner, ri, même danser - je ne sais pas comment ? l'appel de LA VIE ! VIVRE, RIRE, PARLER, DONNER RECEVOIR DANSER ... comme si rien n'était arrivé - Je suis allée le lendemain seule à l'hôpital, en taxi, je ne voulais réveiller personne, gêner personne, j'avais envie de mourir (et curieusement une folle envie de vivre de mordre la vie à pleines dents). J'ai attendu longtemps - les urgences le 1er janvier c'était assez désolant !!! J'ai regardé ses personnes âgées, seules, impotentes, j'ai regardé cette jeune fille habillée de façon très très sexy et rouée de coups, j'ai regardé des hommes + ou - jeunes ivres, qui s'étaient battus, blessés, ces SDF dans un triste état ... je me souviens aussi d'un jeune couple avec un bébé dans les bras, paniqué, Il y avait urgence et l'équipe médical a tout laissé tomber pour ce bébé ... et je me suis dis : tu es normale, tu es vivante, tu as un potentiel en toi et tu ne vas pas accepté de te laisser DETRUIRE par la cruauté de cet homme, par l'indifférence de tes enfants. Ils souffrent à leur façon, même s'ils n'ont pas conscience maintenant, qqch leur manque, leur maman ! mais pour l'instant ils sont persuadés qu'ils vont bien et ils font leur vie sans toi. Tu n'existes plus ! C'est dur à accepter mais tu es vivante et tu peux donner et recevoir d'autres personnes , ceux qui sont près, ouverts pour accepter, qui n'ont pas l'esprit détourné par un être qui les manipule.
Une belle entorse qui a mis 3 mois à se soigner ! mais je n'avais même pas mal -qqch me faisait plus mal : le coeur, mon ventre, mes tripes, mes enfants ! Depuis je vis davantage pour moi, le moment présent ! Il ya encore des moments de rage, de colère , de désespoir (comme en ce moment ... c'est bientôt l'anniversaire de ma fille : le 26 nov elle aura 21 ans et Noel qui approche !!!). Mais moins qu'avant !
J'ai envie d'être reconnue ! j'ai envie de dialogue avec mes enfants Juste de pouvoir parler , leur expliquer , qu'ils entendent ce que j'ai a leur dire. On m'empêche de m'exprimer dans le pays de la liberté et de la liberté d'expression. PARLER et qu'ils puissent réfléchir, juger mais en connaissance de cause, objectivement ! Et PAS ENFERMES dans leur BULLE avec un SEUL SON DE CLOCHE , avec les sentiments négatifs d'un homme qui ne vit que POUR SE VENGER , FAIRE MAL, ME FAIRE PAYER,
ABATTRE... 4 ans après notre séparation, Il n'est toujours pas serein ! il répète les mêmes choses : c'est ma faute ! Lui c'est SAINT PIERRE , le BON MARI, LE BON PERE !!!
Je sais que beaucoup de divorces sont difficiles et que les tensions finissent par s'apaiser, avec le temps,
la vie qui continue, en refaisant sa vie... Mais lui, NON, il est toujours DANS LA HAINE, DANS LA
NECESSITE DE FAIRE MAL, DE POURSUIVRE SA VENGEANCE.
A la date aujourd'hui, il fait tout pour faire repousser la liquidation des biens (alors que le divorce a été
prononcé depuis 1 an et demi). Cette haine est peut être son SENS DE VIE?
je ne sais pas pourquoi j'avais envie de vous écrire Olga, tout est mélangé dans ces écrits. J'avais envie d'écrire et de m'exprimer envers qq qui comprendrait.
Mais que peut-on faire ? Faut-il TOURNER LA PAGE et accepter de mettre ses enfants dans un coin de
son coeur et de sa mémoire et d'OUBLIER, NE PLUS Y PENSER pour ne pas SOUFFRIR !!!
La vie continue - on me l'a dit 1000 fois !!! VIS , penses à toi, tu as beaucoup de choses pour toi ! Après 4
ans sans les voir, sans un mot de leur part, sans une lettre, RIEN !
VIS ... mets les entre parenthèse !
qu'en pensez vous, Olga ?
Que faire lorsqu'on est orphelin de ses enfants ? ils sont là, à qqs kms ...
QUE FAIRE ? J'ai l'impression d'être volée, qu'on m'a amputé ...
Même si le reste de ma vie est belle, il y a une grande plaie, des questions, une incompréhension - comment
en a-t-on arrivé là ?
dois je attendre qu'ils aient 25/30 ans qu'ils soient en couple, qu'elle attende un enfant pour que qqch se
réveille en elle, en eux et qu'ils viennent ?
La vie est belle Pourquoi la gâcher ? c'est à la fois tellement simple - je regardait hier soir une émission
sur des personnes qui ont été abandonnées, bébé , enfants par leurs parents , puis adopté et qui
recherchent leur maman, leurs parents biologiques, leurs frères ou soeurs pendant des années ...
recherche d'identité, d'amour , besoin d'être reconnu, aimé, d'où je viens ... pourquoi ?
c'est une véritable obsession qui les ronge leur vie durant ...
et mes enfants , eux ont une maman là, tout près, aimante, prête à accepter, à écouter, à donner, à
échanger, à pardonner (beaucoup de choses, de paroles, d'actes extrêmement blessants et irrespectueux
depuis 4 ans), à vivre le présent et le futur avec eux
prête à apaiser, à rire, à vivre tout simplement ...
voilà, OLga j'avais besoin de vous écrire
je me dépêche car j'ai un tas de choses à faire et je pars tout à l'heure en week-end
mais c'était nécessaire ...
je vous envoie du courage et de l'amitié. sincèrement
Île de France , le 18 novembre 2004.
ÉLISE
Bonsoir,
Une pensée amicale à toutes. J'espère que vous êtes sereines et en forme pour continuer le chemin. J'ai eu envie de vous écrire : Les mots du début ... de l'année 2005
Je n'ose écrire ce que je nous souhaite à chacune d'entre nous : mais vous l'avez compris !
Pour ma part, ces fêtes de NOEL et de fin d'année se sont bien passées, entourée de ma famille et de mes amis très proches. Ils étaient heureux de constater que le temps avait fait "son travail" et que je semblais moins dans la souffrance et le passé. Ils m'ont avoué être plus détendus de me sentir plus légère. Cela fait 4 Noëls !!!!
Cependant, j'ai repoussé jusqu'au dernier moment pour appeler enfin mes enfants et j'ai tenu jusqu'au 3 janvier ... Ma fille m'a répondu avec un air désabusé et ennuyé fait de "hum ..." "oui" "non ... avant de me jeter à la figure d'un air tout d'un coup joyeux et pétillant " tu n'étais pas partie en Thaïlande ou en Indonésie pour Noël ? "
Cela se passe de commentaires ... le destin aurait pu bien faire les choses et enlevé une personne de plus et la débarrasser ENFIN et définitivement de sa maman ... j'ai beau avoir entendu des vertes et des pas mûres depuis 4 ans , à chaque fois, j'en reste sans voix ! Ce conditionnement s'apparente à celui d'une secte mais et cette méchanceté ??? gratuite ... qui plus est !!!
Je pensais à Malo dont la fille a eu 18 ans début janvier ... je pensais à chacune de vous et à toutes ces paroles échangées , ces faits, "ces anecdotes" et je me disais " mais quelles sont les solutions ? " "que faire vis à vis de cette indifférence , cette éradication de la maman (ou du papa) ? que faire jour après jour ? et la solution, n'est ce pas tirer un trait sur le passé, sur notre passé, sur notre vie et celles que nous avons mis au monde pour ENFIN VIVRE ?
Car je me rends compte que bien, qu'avec courage, témérité, force et aussi découragement, envie de tout envoyer balader, on se bat jour après jour pour "survivre", vivre le mieux possible sans oublier cette plaie ouverte. On se bat pourquoi ? faire comprendre à ses enfants (pour ma part, ils sont majeurs ... ou presque puisque BENOIT aura 18 ans en avril 2005) que nous sommes là, qu'on les aime, qu'on désire PARTAGER avec eux des moments de tendresse, de complicité ... que nous sommes des êtres humains dignes, aimants, adultes capables de tolérance, de comprendre, de pardonner, de se battre, de patience (!!!) ...
Mais les mots, la patience, maintenir les liens, épuiser ses forces, faire souffrir aussi ceux qui sont proches de nous et qui souffrent de nous voir souffrir, sans pouvoir rien faire ... ils ont envie de nous voir heureuses et enfin libres de ses liens invisibles qui nous ramènent à notre passé, à un ex-conjoint qui nous tient encore via nos enfants
je réfléchis et je me dis qu'il faut peut être avoir la sagesse d'arrêter de se battre, d'arreter de se détruire et que la solution viendra un jour, avec le temps (mais combien de temps ?), avec la maturité de nos enfants, de nos adolescents devenus à leur tour, adultes, homme / femme, avec une vie sentimentale, personnelle, professionnelle et amicale ... une vie tout simplement ... attendre que l'expérience personnelle ouvre leur coeur, soulève un pan de leur vie d'enfant qu'ils ont enfoui parce que "on" leur a dicté leur conduite, leurs sentiments, leur personnalité, saccager une part de leurs racines en dénigrant un de leur parent .
ATTENDRE avec patience et tendresse et espoir, sans désespoir ! sans révolte, sans colère, avec sagesse, avec raison .... que doucement, parce qu'un autre être humain dont ils seront amoureux, osera leur dire des mots qui auront d'un seul coup une autre résonance, qui trouveront écho dans leur coeur ... parce que les aléas de la vie percent le tissu très solide de leurs certitudes de jeune adolescent ou de jeune adulte sûr de lui, un peu arrogant ... parce qu'un évènement douloureux ou grave les feront se remettre en question, se poser des questions plus essentielles sur le sens de leur vie , sur leurs racines ...etc ou qu'un manque se fasse ressentir ?
Faut-il attendre et attendre encore ? se battre ? chercher à comprendre ? envisager d'autres voies ? s'endurcir encore et encore ? essayer d'autres solutions ? prendre d'autres directions encore non explorées ? Oui ? non ?
cela en vaut il la peine ? que faire pour les "toucher", les émouvoir, pouvoir juste communiquer avec eux (c'est peu des choses mais nous sommes des parents réduits à "quémander" qqs mots par téléphone (s'ils ne raccrochent pas avant ...)? (même qqs paroles sur un ton agressif, méchant, pour recevoir qqs nouvelles de leur vie, de leur santé, de leur quotidien, de leur bien être, de leurs études), une photo, une image furtive volée à la sortie de l'école au loin ... mais qu'est ce que c'est cette vie ?
Nous sommes des êtres humains respectables, aimants, dignes de respect et d'amour et non des serpillières sur lesquelles nos ex-conjoints se délectent à frotter leurs pieds sales de leur bêtise, de leur inhumanité, de leur colère, de leur parano, de leur esprit détraqué et non serein et équilibré. Ils nous connaissaient et savaient combien cela nous fait souffrir ... et nos réactions de maman, de parent aimant nos enfants.
Nous sommes également devenues des serpillières pour nos enfants. Ils se défoulent consciemment ou inconsciemment tels des "enfants rois", sans âme, ni sentiment, dans un monde où tout leur est dû, où le matériel prévaut sur le respect et la tendresse maternelle, dans lequel, sans le savoir, ils sont devenus des enfants "soldats" dans la guerre du divorce.
Ils voient des parents se déchirer ... une maman qui souffre devant "ses trésors perdus", prête à tout, pour récupérer ses enfants, prête à accepter leur indifférence, leur agressivité, à écouter, à revenir et revenir vers eux, à téléphoner, à écrire qu'elle les aime, qu'elle sera toujours là, que sa porte est ouverte, qu'elle pense à eux ... prête à accepter de faire n'importe quel cadeau, accéder à n'importe quelle demande pour prouver ... ???? prête à tolérer leurs accès de colère, leurs caprices, leurs exigences...mais surtout ne pas rompre définitivement le lien.
Comment faire comprendre à ces enfants que nous sommes adultes, des êtres "debout", forts , qu'ils peuvent compter sur nous ... s'ils nous voient pleurer, implorer, essayer de leur faire plaisir, de pardonner, sans rien exiger ? Ils clament leurs droits, le droit au respect, le droit de CHOISIR, de faire ce qu'ils désirent, d'exiger, de décider ...
Oui, ils ont des droits (on leur clame, à juste titre, sur les affiches des écoles ... à la télévision, etc ) et nous, nous les avons toujours respectés car nous sommes des parents aimants. Alors !
Et ils se croient tout permis, comment vont -ils grandir ? dans quel contexte ? avec quelles valeurs ? puisque le parent qui en a la garde les autorise à être irrespectueux, à insulter l'autre parent, à être violent , agressif, à prononcer des paroles ignobles ... à avoir un comportement de sauvage, à ricaner, à faire mal ... sans respect, à oser faire à autrui ce que l'on n'accepterait jamais au grand jamais pour soi ?
Comment vont-ils grandir avec la haine au coeur ? ricaner de la souffrance ? grandir en ayant compris qu'il suffit de crier plus fort, de décider, de choisir et l'adulte plie, la justice plie , baisse les bras. Comment vont-ils réagir lorsqu'ils devront affronter une difficulté au lycée, un événement grave ou déstabilisant ou tout simplement qu'il ne leur plait pas ? Ils auront assimilés qu'il suffit de crier, de se montrer agressif, d'exiger et que les autres vont plier ... ce sera la surenchère de la violence ... qui va céder, qui va pouvoir choisir ? Comment vont-ils vivre leur premier (petit) échec de leur vie? Comment vont-ils réagir devant une hiérarchie, une autorité quelconque (ne serait ce qu'un prof qu'il leur exprime qqch qui ne leur plait pas ?) Vont-ils se lever, hurler, se montrer agressif, exiger, trépigner, faire un caprice ?
Nous ne sommes pas des parents qui veulent instaurer de non dialogue, dans lequel l'enfant et l'adolescent n'a pas son mot à dire. Au contraire, nous avons élevé nos enfants dans une grande liberté d'expression, les invitant à participer aux décisions familiales (plus ou moins importantes : le choix d'un lieu de vacances, d'une sortie... ), inviter, inciter nos enfants à s'exprimer sur leurs désirs, leur choix (sportif par exemple, étude, vestimentaire ...etc), les invitant à être un membre de la famille à part entière, à ne pas être mis de côté parce que trop petit, trop jeune (comme nous l'avions entendu mille fois dans notre propre enfance : ce qui nous faisait rouspéter "que ce n'était pas juste !") Nous avons voulu les solliciter pour les aider à grandir à s'épanouir, à être encore plus ouverts au monde, aux autres, à l'environnement, à la vie afin de leur proposer une palette ouverte, de possibles, de joies, de détentes, de connaissances, d'aptitudes, sources d'épanouissement.
En plus de l'amour, de la tendresse, de l'écoute, de la disponibilité, du temps, nous avons voulu et offert à nos chérubins beaucoup. Tout cela partait d'un bon sentiment et d'une refléxion sensée dans un désir sincère d'offrir à nos enfants une force, un équilibre et des atouts pour leur vie future de jeune, d'adulte.
QU'avons nous fait ? Nous n'avons pas voulu être trop autoritaires, trop rigides, trop sévères (mot préféré de mon père, de nos parents pour la plupart). nous avons voulu leur montrer tout simplement que nous les aimions et la mesure de l'amour n'est-elle pas d'aimer sans mesure ? l'amour inconditionnel est l'amour maternel !
nous avons le retour du bâton ? Des enfants revendicatifs qui choisissent qui s'expriment, qui exigent, qui savent choisir, surs d'eux, préremptoires, égoïstes, égocentriques, très individualistes.
Nous avons commis des erreurs ... peut être, sûrement ! le métier de parent est le seul métier qui ne s'apprend pas, il s'apprend, s'improvise à l'instinct , au feeling, au contact de l'enfant jour après jour, en échangeant avec d'autres parents.
que de constations ! que de réflexion ? que de temps à réfléchir, à essayer de comprendre, trouver des solutions ?
et maintenant ? que vais je faire ? .... je n'ai pas de méthode, de baguette magique, de stratégies, des potions magiques juste de l'amour à donner, une personnalité pour vivre, décider de ma vie et l'amour de la vie en moi pour réussir (on m'a dit qu'il ne faut pas dire essayer mais réussir !!!) à être heureuse, pour donner et recevoir, pour vibrer avec l'espoir que ces vibrations résonnent jusque dans le coeur de mes enfants.
Île de France, le 7 janvier 2005.
ÉLISE
une très très bonne nouvelle - mon fils est revenu
Je désire PARTAGER avec vous tous une TRÈS TRÈS BONNE NOUVELLE :
Le 9 juin 2006, nous nous sommes revus : mon fils, BENOIT (âgé de 19 ans) et moi, sa maman ... Après plus de 5 ans, depuis le 18 avril 2001.
Un simple déjeuner qu'il a souhaité poursuivre ... il m'a attendu et nous sommes rentrés ensemble chez moi après mon travail, une ballade à pied, une découverte à vélo des bords de Seine, un diner et nous l'avons raccompagné ...Tout cela avec une simplicité et un naturel que je n'aurais jamais crû possible. (Comme si nous nous étions vus il y a 2 semaines, comme une mère et un fils (adulte) qui se rencontrent naturellement pour bavarder, plaisanter, demander des nouvelles, sourire et profiter du plaisir simple d'être ensemble)
J'ai savouré le PRESENT sans penser au PASSE, ni à l'AVENIR. Quand une maman n'a pas pu voir, partager avec son fils, pendant tant d'années, j'ai pris et savouré ces moments tout simples (comme un funanbuliste qui se réjouit d'avoir réussi à marcher pour la première fois sur un fil ! il sait oh combien c'est beaucoup et fragile à la fois et que d'un moment à l'autre, il peut tomber !)
Je ne vous décris pas ma joie et tout le reste ... que j'ai pu ressentir (il a pu ressentir) car je pense que, chacun de vous, en tant que parent, dans la même situation que moi, vous l'imaginez très bien. J'avais l'impression de rever mais c'était bien la réalité (comme c'était malheureusement bien la dure réalité pendant ces 6 ans, où je souhaitais me réveiller et me rendre compte que ce n'était qu'un cauchemar !)
Cela fait plus de 5 ans que je n'ai jamais cessé de garder le contact, malgré "tempêtes et ouragans", entre désespoir et espoir, et découragement et colère ... etc ...., par 1000 (plutôt plus) lettres, cartes, emails, appels téléphoniques, via la famille , les amis, via la justice ... par la douceur, la patience, la tendresse, l'humour, la fermeté et mille propositions, de toutes les manières possibles et inimaginables (Et "Dieu sait" que nos ressources de parent peuvent être inépuisables même au détriment de notre santé) : sans succès sinon le rejet, l'indifférence (?), le silence ou/et l'agressivité.
Je tenais à partager cette bonne nouvelle et à remercier avec mon coeur tous ceux qui, durant toutes ces années, m'ont aidée, écouté, tenu la tête hors de l'eau, tendu la main, le coeur surtout, ont été présents un moment ou longtemps, m'ont accueillie les bras ouverts sans jugement, sans rejet, par amitié ou par amour, m'ont insufflé espoir, m'ont redonné confiance en l'être humain que j'étais , en la maman que j'étais et que je suis toujours, m'ont laissé pleurer et m'ont fait sourire et rire (car la vie continue).
Famille, amis nouveaux et anciens, inconnus et les parents de l'association que j'ai rencontré, ont partagé des moments pas très gais et d'autres pleins de joie au fur et à mesure que je me suis reconstruite et c'était essentiel pour moi de partager cette bonne nouvelle.
C'est un message d'espoir aussi pour tous les parents qui sont privés d'un ou plusieurs
enfants et subissent ce manque et qui balancent entre espoir et désespoir, tout en
réagissant chacun à sa manière (et toutes les manières sont honorables! ).
Voilà Olga et tous les autres parents anonymes ou connus ... Certaines connaissances ,
négatives, m'ont dit : " et maintenant ??? que va t il se passer ? allez vous vois voir souvent ?
j'ai répondu : Je ( et BENOIT !) savoure le PRESENT comme un cadeau.
L'avenir ???
La soeur de BENOIT, âgée de 22 ans, prend avec beaucoup d'inquiétude et son éternelle
agressivité a grimpé encore plus (comme si cela était possible !!!). J'ai essayé de la rassurer,
de lui faire comprendre que, comme pour son frère, cela était possible, que je l'accueillerais
les bras ouverts (toujours le même discours depuis 6 ans) etc ...
Elle est hystérique ... Ma fille n'est pas du tout prête ... pourtant cela la bouleverse et doit
remuer beaucoup de choses en elle.
Pour l'instant, ma crainte est qu'elle continue à influencer son frère négativement.
Mais il a fait un pas ENORME et si difficile après tant d'années. Je le sens serein et ouvert
: c'est cela le plus important !
Je vous souhaite à toutes et à tous un bel été, plein de petits moments de bonheur simple et
d'espoirs pour vous mêmes et vos enfants (petits, ados ou adultes)
bien sincèrement et solidairement
Île de France, le 12 juillet 2006.
ÉLISE
PS: j'accepte que ce témoignage soit utilisé
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