
Karine,
C’est un véritable déchirement pour moi de t’écrire cette dernière lettre. Je vais respecter ton choix et m’en remettre à ta volonté de ne plus me voir, car je préfère rester avec une image de toi comme je t’ai aimée : douce, belle, tendre et qui aimait sa maman. Maintenant je ne te reconnais plus. Tu n’es plus la gentille Karine que j’ai mise au monde, que j’ai nourrie, aimée et élevée. Je ne te reconnais plus. Je ne te reconnais plus.
Alors pour un temps, quelques mois, ou quelques années, ou la vie entière, nous allons faire une parenthèse sur notre amour à toutes les deux, qui a été bafoué, inutilement pour moi, mais pour toi, certainement que tu as besoin de ma haïr. J’espère seulement et je le pense réellement au plus profond de moi, que si un jour tu as le désir de me revoir, que tu te rappelleras tout l’amour que nous avions l’une pour l’autre. Tu arriveras à me faire un signe.
Pour l’instant, et chaque jour qui passera loin de toi, je souhaite que tu sois heureuse, que tu arrives à trouver le bonheur - même si pour cela on ne doit plus se voir. Ne garde pas toute la haine que tu as en toi. Tu ne me verras plus, mais garde dans ta tête et dans ton cœur l’image de ta maman qui t’envoie mille baisers comme on faisait quand on se regardait. Dans la pensée et dans mon cœur, je serais toujours, toute ma vie, auprès de toi. Rien ni personne ne pourra m’enlever l’image de ma petite Karine que j’ai bercée dans mes bras.
Je t’aime tellement que c’est très, très dur de devoir cesser d’essayer de te voir et de te raisonner. Mais je crois que mon corps, ma tête, mon cœur n’en peuvent plus de tant souffrir quand je te vois, ou quand je t’entends m’insulter. Tout reste gravé comme des marques de fer rouge et ça fait trop mal. Je regrette qu’on n’ait pas su se parler, car je t’assure que j’aurais respecté ton choix de ne plus me voir, mais j’avais au moins aimé t’expliquer mes raisons d’avoir quitté papa. Je pense qu’un jour tu comprendras, car la vie n’est malheureusement pas simple pour personne. Je penserais tout le temps à toi, mais de loin.
peu sa maman. Alors ne raccroche pas quand je téléphone à Chloé et arrête de parler mal quand je lui parle au téléphone. Respecte-là, elle, car elle a le droit d’aimer sa maman et je te rappelle que l’on se voit peu avec Chloé. Dans les moments qu’on passe au téléphone, laisse-la tranquille. Je sais que tu aimes beaucoup ta sœur et que tu la protèges. Je t’en remercie puisque pour l’instant c’est toi qui va passer beaucoup de temps avec elle. Alors apporte lui beaucoup d’amour et de gentillesse.
Si de temps en temps tu penses à tes grands parents, sache qu’ils t’adorent - nous t’adorons tous - et si tu peux les appeler ou venir les voir, ça leur fera très plaisir. Ne crois surtout pas que l’on t’en veut de ton agressivité, ce ne serait pas vrai. Nous souffrons beaucoup de ne pas te voir, mais aussi de voir comment tu es devenue.
Mais à l’heure actuelle, je vais t’aimer comme je t’ai toujours aimée, sois en sûre, mais de très loin. Sache que tu resteras ma première fille, ma première joie de mettre au monde un enfant et je te souhaite d’être très heureuse dans ta vie future. La vie nous a coupé l’une de l’autre sans que je le veuille. J’espère qu’un jour elle nous réunira.
Dans l’attente et dans l’espoir de te revoir, je t’envoie une dernière fois des milliers de pensées positives, des milliers de baisers, des milliers de mots d’amour (il faut qu’il y en ait assez pour tous les jours que l’on passera loin l’une de l’autre), des milliers de rayons de soleil pour réchauffer ton petit cœur meurtri. Je te rappelle juste que ta maman va divorcer de ton papa mais pas de ses enfants. Alors sois sûre que même si tu n’entends plus parler de moi, je reste et je resterais toute ma vie près de toi, et quand tu rencontreras des moments difficiles, pense que ta maman t’aime, t’a toujours aimé et t’aimera toute sa vie. Tu pourras toujours compter sur moi le jour où tu en auras besoin. N’ai surtout pas peur, ni honte de revenir vers moi, si tu en as envie – ce serait trop bête.
Bonne chance ma chérie, je t’aime très, très fort, et tu me manques énormément. Réussi dans ta vie, soit heureuse. Je t’aime tendrement et pour toujours.
Ta maman….
Cette lettre, écrite spontanément par une jeune maman en février 2004 dans une ville du Sud de la France, est absolument authentique. Seuls les noms des personnes ont été changés.
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