Pour être tout à fait honnête, j'avoue n'avoir jamais eu beaucoup d'inclination, hormis dans ma prime enfance, envers ces fêtes printanières consacrées à la gloire des mères et des pères, d'autant que la première, je l'appris assez tôt, fut instaurée sous le régime de Vichy. Pour être rétif, je n'en sacrifiais pas moins, du temps où nous étions ensemble, mon fils, sa mère et moi, au rituel de ces deux journées tout en éprouvant, pourquoi ne pas le dire, beaucoup de plaisir à partager la joie de mon fils.
Ce plaisir, je ne le connus que deux années bien que mon fils ait eu six ans il y a peu. En effet depuis notre séparation, le « droit de visite et d'hébergement » s'exerçant selon l'algorithme implacable des 1er, 3ème et 5ème fins de semaine du mois et le calendrier ne m'ayant pas été favorable, j'ai passé les 3ème et 4ème fêtes des pères sans mon fils.
On pourrait certes m'objecter qu'une mère rencontre la même difficulté s'agissant de sa fête, à cela près que celle-ci, ainsi que le législateur l'a décidé, tombe le dernier dimanche de mai qui n'en compte pas toujours cinq.
Mais trève d'arithmétique, cette fête programmée de la paternité nous rappelle, avec une insistante régularité, que l'on n'exerce ladite paternité qu'à temps partiel dans la cadre d'un contrat précaire qui peut être suspendu à tout moment sur simple plainte de Madame au motif d'un florilège de perversions sexuelles que vous auriez commises à l'encontre de votre enfant. Au nom de la légitime protection de l'enfant, le doute ne doit en aucun cas bénéficier à l'accusé. Suspension du droit de visite au moins jusqu'à la fin de l'enquête diligentée contre vous. Exit la 5ème fête des pères, le calendrier vous était pourtant favorable cette année là.
Madame a menti et manipulé l'enfant; l'enquête vous blanchit. Que croyez-vous qu'il advînt ? Votre droit de visite sera rétabli et Madame sera solennellement admonestée. Retour à la « case départ » ? Non. Madame, ne l'entendant pas de cette oreille, soustrait votre fils (comme elle est sa mère, elle ne l'enlève pas, elle ne fait que le soustraire, terminologie bien réconfortante pour l'autre parent) et s'enfuit à l'étranger sans grandes difficultés malgré vos mises en garde répétées auprès des autorités concernées.
C'était à quelques jours de la 6ème fête des pères. Un an après et donc à quelques jours de la 7ème fête des pères, aucune nouvelle. Le néant. Où es-tu mon petit bonhomme ? Jamais le temps que l'on nous a volé ne nous sera rendu. Jamais.
Vive la fête des pères !
Didier, juin 2004
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