Le témoignage de Clara

Cela fait 5 ans que je tente de faire comprendre à l’homme avec qui je suis mariée depuis 18 ans que nous devons nous séparer, tout nous oppose, nous ne regardons plus dans la même direction notre quotidien n’est plus que conflit disputes La violence va crescendo !

Au milieu des cris des coups dans les murs nos deux merveilles Etienne 13 ans Agathe 8 ans.

Dès 2001 il répond à ma demande par une tentative de suicide. Sous emprise moi-même je le prend en pitié me disant que je ne peux pas, que je n’ai pas le droit de faire de mes deux enfants des orphelins, je le récupère, je tente de me convaincre que l’on peut essayer encore ..

Un an plus tard c’est le fond plus la force de mettre le coup de talon pour remonter.
Je quitte la maison avec les enfants, je me réfugie dans un hôtel. Dans mon idée, j’attends qu’il se suicide, je ne peux plus rien pour lui !

Mais surprise : il se fait enfermer dans une clinique psychiatrique. Une infirmière m’appelle, me demande des vêtements, de l’argent. J’envoie un colis pour ne pas le voir et risquer a nouveau de me laisser manipuler. Puis c’est lui qui appelle, me demande les enfants. Je ne m’autorise pas à le priver de ses enfants. Je les lui amène, il me fait pitié, il est là dans cette chambre avec des barreaux aux fenêtres. Je me sens terriblement coupable de sa détresse J’appelle son psychiatre lui demande des informations sur son état de santé, il me dit que si je veux le récupérer, je peux.


Je vais le chercher et l’enfer recommence, on n’est d’accord sur rien, il ment pour tout pour rien, n’est jamais à la maison, je n’ai plus de forces, je m’épuise à tenter de comprendre pourquoi il téléphone sans cesse à une jeune femme dans mon dos, pourquoi il envoie 54 SMS  Il me trompe, c’est évident. Les assiettes volent de plus en plus souvent, les cris, les nuits sans dormir parce que je refuse les rapports sexuels, tout ce que je fais est suspect, rentrer de mon travail avec 1 demie heure de retard, me trouver par hasard chez le coiffeur avec mon beau frère, acheter un livre intitulé « l’amour encore », tout est suspect, me lever tôt le matin parce que j’ai beaucoup de choses à faire, me coucher le soir de bonne heure parce que je suis épuisée, regarder un documentaire sur le divorce…. Tout  donne lieu à des reproches, des scènes.
On m’appelle la FELAGA, on demande à ma sœur au téléphone elle est là AL KAIDA ? Et dehors, cet homme est doux comme un agneau, un saint admiré dans tout le village, on me félicite d’avoir un si gentil mari, on m’envie !

Juin 2005, je n’en peux plus, comme deux ans auparavant, je suis au fond. Je quitte la maison avec les enfants  après lui avoir dit au téléphone que je voulais divorcer. Toutes mes tentatives de dialogue s’étant terminées au couteau de cuisine, je m’enfuis sans rien, juste ce que j’ai sur moi avec ma fille. Je demande à mes parents de récupérer mon fils. Je me réfugie chez des amis  Et décide d’aller chez un avocat dés le lendemain  pour ne pas risquer une fois de plus de faire marche arrière. Ensuite nous nous installons tous les trois chez mes parents

Il s’en suit un été horrible la manipulation commence, j’ai trouvé la force de partir car j’ai rencontré un homme adorable en novembre 2004, Je me rend compte que je l’aime  début 2005, qu’il a tout ce que j’attend d’un homme, et d’un père, et je n’ai pas envie de laisser passer cette chance d’être enfin heureuse !  Heureuse ? JAMAIS je ne le serais !

Pour se venger mon mari manipule mon fils qui lui-même manipule sa petite sœur. Il s’arrange pour récupérer les enfants qui sont devenus odieux pendant notre séjour d’une semaine chez une amie à Toulouse. Le jour où je les lui ramène, c’est mon dernier jour de maman. Je suis en colère contre eux en raison de leur attitude de leur insolence Je me dis que passer une semaine sans eux va me faire du bien, me permettre de faire le point.

Quelle erreur ! On me change les serrures de notre maison, on me menace de détruire des meubles offerts par mes parents auxquels je tiens beaucoup, et je suis obligée de cambrioler ma propre maison pour les mettre à l’abri. Je laisse tout le reste, on m’accuse d’avoir tout volé, l’argent, vidé les comptes de mes enfants, on m’accuse d’avoir cet amant depuis de nombreuses années, de lui donner 50 € par semaine au lieu de les donner à ma psychothérapeute, on m’accuse d’être folle, hystérique, de ne pas nourrir mes enfants, de les battre, on répand sur ma famille les pires horreurs, on m’accuse d’être une mauvaise mère parce que je rentre  tard de mon travail à 70 km de chez moi

Le 6 septembre 2005 : ONC.  On donne la garde au père avec un parloir pour moi tous les 15 jours. Je m’effondre,  je suis une loque, et je découvre ACALPA. Tout s’éclaire !
Il y aura en tout et pour tout 4 rencontres au parloir  12/10 ; 22/10 ; 12/11 et 26/11. On suspend les visites tant les enfants sont agressifs sauf ma fille qui la toute première fois se montre coopérative et câline elle me demande pourquoi je pleure toute les 5 minutes , je lui dit que tout ça me fait très mal nous jouons, elle me dit « MAMAN JE T’AIME ».
Et quinze jours plus tard c’est un monstre !

Depuis le 26/11 je suis sans contact « normal » avec mes enfants. Mon fils m’a battu à coup de balais le 6 septembre, et à coup de skate bord encore le 16 mars.
Toutes mes tentatives pour les approcher, leur parler sont qualifiées d’agression de harcèlement, de violence. Il obtient le soutien de tout le personnel de l’école de ma fille. On fait sortir notre fille par la porte de derrière le 7 octobre

Les enfants sont élevés non pas par leur père mais par leur tante qui les manipule aussi. Ils n’ont plus le choix, même s’ils le voulaient que de rester dans ce contexte de haine de mensonge, de violence. Ils ne sortent presque plus et ont pris un poids considérable. Leur père vient de rencontrer  une femme et les fait garder les week-ends par la tante. Il ne passe presque pas de temps avec eux. Aujourd’hui, ils sont sur le point de se retrouver sans leur maman mais aussi sans leur papa. Comment vont-ils réagir lorsqu’ils sauront cela ?

J’ai si peur que mon fils mon amour mon bébé ne fasse une bêtise !

photo


J’attends depuis début mars des expertises psy et une enquête sociale qui ont enfin été ordonnées mais le temps passe, et les dossiers sont nombreux. Il y a les vacances et moi, pauvre de moi, je prie, chaque jour pour qu’il ne leur arrive rien,  qu’ils parviennent un jour à surmonter cette douleur immense qu’ils ont j’en suis certaine au fond d’eux et qu’il soient capable de survivre avec cette plaie béante qu’il leur a fait dans leurs petits cœurs.

Lui - l’inconsolable, le meilleur interprète, de NE ME QUITTE PAS ! Lui, il a grillé leur cerveau pensant qu’il ne pouvait se rattacher à rien d’autre et maintenant qu’il les a détruit, à peine 8 mois après mon départ il refait sa vie et continue de détruire la leur ….

Clara , 24 avril 2006.

© ACALPA tous droits de reproduction réservés : Les textes des témoignages présentés sur ce site ne peuvent être reproduits hors de celui-ci sans l'autorisation préalable d'ACALPA. L'association ACALPA se réserve le droit d'exercer un recours tant civil que pénal contre toute personne physique ou morale qui contreviendrait à cette règle.