LA GALETTE D’ACALPA

album photo de la galette des rois d'acalpa

Le Nouvel An n’est pas toujours une fête chaleureuse et conviale ! Pour les personnes qui vivent dans l’exclusion sociale, c’est un jour qui va raviver le sentiment d’isolement et d’abandon, comme tous les autres jours de fêtes célébrés en famille. Pour des parents injustement abandonnés, voire rejetés violemment, par ses propres enfants à la suite d’un divorce ou d’une séparation conflictuelle – c’est un jour de deuil, du deuil impossible de leurs enfants vivants et toujours aimés, avec lesquels ils ont partagés des années de tendresse avant la rupture du couple parental et la guerre déclarée par le conjoint qui prend les enfants en otage.

On s’était quelque peu habitué que les pères fassent les frais des divorce conflictuels. On savait que parfois les mères pouvaient les accuser de maltraitances imaginaires à l’égard des enfants qu’elles souhaitaient leur soustraire en représailles. Mais en décembre 2003, c’est une maman en train de divorcer qui témoigne à la télévision : ses enfants, soumis au chantage affectif du père, qui a tenté de se suicider devant eux et menace de recommencer, refusent tout contact avec toute sa famille en inventant une enfance imaginaire de maltraitance. Le psychiatre à ses côtés parle de comportement pathologique, de conflit de loyauté et « d’aliénation parentale ». Le standard de l’émission télévisée est submergé d’appels téléphoniques de parents en rupture de liens avec leurs enfants. Cette mère (Olga) décide de devenir la porte parole de tous ces parents anonymes, et de s’engager publiquement pour soulever la question de la protection des enfants lors des séparations parentales, comme le font déjà des parents en Belgique depuis quelques années.

ACALPA  - l’Association contre l'Aliénation Parentale pour le maintien du lien familial – va voir le jour en janvier 2005. Cette association ne veut pas se substituer pas aux services spécialisés ni aux aux dispositifs judiciaires et sociaux, ni aux autres mouvements associatifs. ALCAPA va travailler avec des professionnels du droit et de la santé, en partenariat avec tous les intervenants institutionnels, privés ou associatifs concernés par la protection des enfants lors des divorces et des séparations, pour proposer :

Les parents s’engagent : une dizaine d’interventions à la télévision et autant à la radio en deux ans, des articles dans les journaux, et puis tout un travail auprès des familles, des heures et des heures d’écoute et de soutien, pratiquement tous les jours, sur des portables personnels, des réunions avec des professionnels, des politiques, des élus. Le site internet sera lancé en mai 2005. Aujourd’hui il compte déjà plus de 25000 visites. Une convention est signée avec la Fondation pour l’Enfance qui accepte d’organiser le colloque proposé par ACALPA sur la « Protection des enfants lors des séparations parentales conflictuelles ».

Mais le plus difficile reste de donner l’espoir et de rendre la dignité aux parents rejetés par leurs enfants, souvent isolés face à des familles ou des collègues qui les condamnent ou les suspectent faute de pouvoir comprendre. Pour trouver les forces de se reconstruire au quotidien, ces pères et ces mères orphelins de leurs enfants, ont besoin de parler et de partager leurs expériences avec des personnes à même de comprendre leur souffrance. Alors pour aider à affronter les moments difficiles, ACALPA organise des journées rencontre - portes ouvertes autour d’un repas chaleureux et convivial, dans la maison que Michel et Tatiana ODINETZ ont construit après la guerre à Chaville, à l’orée du bois des Fausses Reposes. Une maison, vide des petits enfants depuis six ans, mais qui se remplit le temps de ces recontres pour retrouver sa vocation de maison familiale !

Pour se préparer aux fêtes de fin d’année qui peuvent pousser des parents à des actes désespérés, ACALPA avait organisé un repas pour une vingtaine de personnes deux semaines avant Noel, puis le dimanche 14 janvier, avec une galette des rois ! Les sourires et les échanges d’adresses à la fin de ces journées sont autant de preuves que la vraie solidarité existe, que la souffrance partagée amène l’espoir, et que l’amour de la vie est le plus beau cadeau que l’on puisse recevoir et échanger. ACALPA appelle tous les parents à garder toujours vivante cette chaleur qu’ils ont trouvé, partagé et qui les portent, car c’est vers la lumière et le sourire, et non pas vers la haine et les larmes, que reviendront un jour des enfants qui sont aujourd’hui orphelins malgré eux de parents qu’ils avaient aimé et qu’ils aiment toujours au fond d’eux-mêmes, même s’ils ne peuvent plus le voir.

... ... ... ...